Mon voisin, mon tueur: réconciliation postgénocide

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<i>Mon voisin, mon tueur</i>: réconciliation postgénocide

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Mon voisin, mon tueur, un film essentiel sur le pouvoir salvateur du pardon.

Normand Provencher, envoyé spécial
Le Soleil

(Cannes) Comment continuer à vivre en sachant que votre voisin ou l'homme que vous croisez tous les jours est l'assassin de vos enfants, de votre mari, de votre frère?

Quinze ans après le génocide rwandais, où les Hutus ont massacré à coups de machette près d'un million de Tutsis, la réalisatrice française Anne Aghion est allée à Gafumba pour constater les efforts de réconciliation entre les deux communautés, dans un pays meurtri jusqu'au plus profond de son âme. Son film, My Neighbor, My Killer (Mon voisin, mon tueur) est l'aboutissement d'un travail de 10 ans.

Devant sa caméra, Aghion fait témoigner des hommes et des femmes qui doivent continuer à vivre, malgré les souvenirs horrifiants qui ne cessent de les hanter. «Le jour, tu erres; la nuit, tu ne dors pas. Qu'ils me liquident vite, ça me rendra service...» lance une Tutsi, incapable de tourner la page.

Pour tenter de cicatriser les plaies, le gouvernement rwandais a mis en place des tribunaux de fortune (gacaca), où les acteurs du génocide doivent faire face aux survivants, après leur libération de prison.

Une mère viendra raconter comment l'homme qui se trouve près d'elle a tué son nouveau-né à coups de machette. Le suspect niera tout sur la tête de Dieu. Comme la plupart des autres suspects. Dialogue de sourds.

Tout n'est pas perdu. Une vieille dame, lasse de nourrir la rancoeur, demandera la clémence pour le bourreau de sa famille.

«Ne pas réfléchir à ce qui s'est passé est une grave erreur. Se souvenir est un acte très personnel et très intime», dit un homme.

Un film essentiel sur le pouvoir salvateur du pardon. 

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