Depuis 2002, Girl Talk transgresse les règles d'une industrie du disque en perte de vitesse. On l'accuse, parfois, d'opportuniste ou de fin stratège ingénieux. Le cinéaste Brett Gaylor lui a même récemment consacré un documentaire (RiP!: A Remix Manifesto), en lien avec les nouvelles pratiques en matière de droits d'auteur. Capable de mélanger des extraits de Coldplay, de Lil Wayne et de Bon Jovi, dans une seule et même pièce, le jeune homme de Pittsburgh assume toutefois pleinement son rôle de hors-la-loi de l'échantillonnage. «Ce n'est pas aussi facile que l'on pense. Il n'y a pas de recette miracle pour que ça fonctionne. Je puise dans le hip-hop, le rock, le R&B, le heavy metal, tout comme dans les succès nostalgiques ou sur les palmarès de l'heure. L'important est de toujours garder l'attention du public et de faire danser les jeunes, chaque soir. Le but est d'avoir du plaisir, qu'importe qu'il y ait controverse ou non.»
Même si Gillis s'inspire de pionniers du mash-up, tels John Oswald, Christian Marclay ou Negativland, il se démarque de ses prédécesseurs grâce à un besoin «de mettre un peu de désordre et d'excitation dans la pop», tout en créant de véritables happenings où la foule fait partie intégrante du spectacle. «Je considère que je n'ai pas le choix de mettre à jour ma sélection de pièces. C'est, pour moi, un défi et une source de motivation constante. Je reste à l'écoute des nouveautés, même s'il se passe tellement de choses à travers le monde. J'aime que la musique populaire me donne accès à toutes sortes de clichés, de trouvailles et de souvenirs nostalgiques», admet ce fan de Jay-Z comme de Beck.
Après le succès inattendu de l'album Night Ripper, de même qu'une certaine consécration via Feed the Animals en 2008, celui qui tourne partout sur la planète présentement ne pense qu'à fignoler son art de la mixture hybride. «Au cours des dernières années, j'ai vraiment appris à peaufiner mon style. Je travaille avec plus de boucles rythmiques, ça devient presque un kaléidoscope de références pour les différentes générations. Il ne faut pas que les gens savent à quoi s'attendre, ça peut être fort complexe et amusant à la fois.» En plus, avec l'électro-pop de Numéro#, ainsi que le funk-rock des Anglais The Heavy, cette affiche du Festival d'été s'annonce comme une surprise de taille à l'Impérial.
Vous voulez y aller?
QUI : Girl Talk, The Heavy et Numéro#
QUAND : 11 juillet, 21h
OÙ : l'Impérial
ACCÈS : 15 $ à la porte ou laissez-passer et bracelet orange
info : www.infofestival.com










