Les 1200 chanceux qui ont réussi à se faufiler dans la salle - la file avait à peine diminué lorsque Zach Condon et ses potes sont montés sur scène - avaient de quoi être heureux. Beirut était en grande forme, même si Condon prétendait se sentir mal pour cause d'abus de poutine!
Le chanteur à la voix grave et ses complices nous ont fait voyager à renfort d'accordéon, de cuivres et de ukulélé. On est allé des Balkans jusqu'au Mexique, non sans une halte en France, le temps d'une reprise de la Javanaise, de Gainsbourg. Les gars, qui avaient préparé un solide spectacle, étaient visiblement portés par la foule survoltée, cumulant les interprétations bien senties et les crescendos efficaces. «C'est seulement lunÂdi?», s'interrogeait Condon, incrédule. Le public, lui, y allait de son approbation pour des titres comme Postcards from Italy, ne pouvait réprimer des cris lors des envolées instrumentales et chantait en choeur avec le leader, notamment sur A Sunday Smile. Oui, il y avait de l'atmosphère!
Condon, qui s'est efforcé de s'exprimer en français, a aussi réservé des surprises, comme des pièces tirées du maxi Holland, à saveur électronique, paru sous le nom de Realpeople. Ces compositions réarrangées, dont The Concubine, ont bien marché, apportant d'autres couleurs à ce spectacle qui a culminé sur une Gulag Orkestar enrichie des membres du Bell Orchestre. À ranger parmi les bons coups du Festival.
Bell Orchestre
À bien des égards, la proposition du Bell Orchestre, carburant aux pièces à long développement, était également une invitation au voyage. Voyage aérien en planeur, voyage en train ou errance à pieds. Avec ses compositions instrumentales touffues, où cordes et cuivres n'excluent ni le rock, ni le dance, l'ensemble montréalais a trouvé un juste équilibre entre expérimentation sonore et mélodies accrocheuses. Fait intéressant, les sept musiciens ne se sont pas contentés de jouer platement sur leurs instruments. Ils ont incité les spectateurs à participer et ont même fait descendre trois de leurs membres dans la foule, avec des baguettes, pour battre la mesure, tandis que Pietro Amato et Colin Stetson se répondaient au cor français, installés dans les balcons situés de chaque côté de la scène. On ne pouvait rêver d'une meilleure première partie.
J'irai voir...
Une série de spectacles à la place D'Youville. D'abord Guy Davis (12h), qui s'amène avec son country blues pour plusieurs représentations, ainsi que Kodiak (19h30) et K'Naan (21h30).
J'irais voir...
Le duo Beast (20h15, parc de la Francophonie), dont le mélange de trip-hop, de hip-hop et de rock m'a ravi sur disque, puis, forcément, les vétérans d'Indochine (Plaines, 22h).















