Ses chansons influencées par la musique noire des années 70, avec des accents gospel et Motown, se distinguent dans le paysage francophone. Surtout, elles ont le don de rassembler, de faire sourire et d'émouvoir.
Après avoir remporté des prix aux Francouvertes, à Radio-Canada et à la Bourse RIDEAU (prix des diffuseurs de l'Europe), entre autres, Damien Robitaille vient de recevoir le prix Félix-Leclerc aux dernières FrancoFolies de Montréal; un honneur qui, pour lui, veut dire beaucoup.
«Pour un Franco-Ontarien, c'est le plus grand honneur qu'on puisse recevoir. J'ai presque perdu mon français à l'adolescence... Ce matin, j'écoutais mon premier disque, fait en 2003, et il y avait des fautes de français atroces. Juste de voir le chemin parcouru depuis, je suis très fier», nous racontait l'artiste en entrevue, le jour de la Saint-Jean-Baptiste.
«Je ne travaille pas aujourd'hui, personne ne veut d'un Ontarien à la Saint-Jean!»
Pas grave, on veut bien de lui au Festival d'été de Québec et on a voulu de lui aux Olympiques de Vancouver, au dernier festival québécois de Pully en Suisse, en France, en Belgique, et même, en Argentine, en avril!
«Je représentais le Canada francophone à une conférence de professeurs de français. J'ai joué devant 4000 Argentins et je me suis fait attaquer par une horde de femmes! (rires) J'ai traduit Le mot de passe en espagnol et ça a bien fonctionné!»
Damien Robitaille aime bien exagérer un peu sa popularité et jouer les grandes vedettes. Pour nous faire rigoler, bien sûr, mais peut-être parce qu'à force de jouer, ça finira par arriver...
«Parce que je m'amuse, je sens que le public peut s'amuser aussi. Derrière toute blague, il y a un peu de vérité... C'est une façon de me protéger, mais qui permet aussi aux gens de le faire. Dans mes shows, les filles crient. Elles s'en donnent le droit parce que c'est une blague.»
Volontairement kitsch
L'artiste pousse le jeu jusqu'au déguisement, tendance rétro et volontairement kitsch, totalement décalé. Sur son disque L'homme autonome, il a trouvé un bel ensemble brun des années 70 et sur la scène du parc de la Francophonie, il portera un beau suit rouge. «Il me donne toute la confiance du monde, c'est mon kit de l'été!»
Derrière les sourires, il y a un monde d'émotions chez Robitaille. Jamais il ne voudra se résumer à une blague. Charmer avec l'humour, c'est dans sa nature, mais il est aussi un sensible qui parle d'amour, de solitude et de valeurs morales.
Pour le Festival d'été, il s'offre la totale : il vient avec neuf musiciens. Il y aura une section de cuivres, des choristes, le clavier, la basse et la batterie.
«C'est la première fois que je viens au festival, pourquoi ne pas faire ça en grand?»
Après cet arrêt à Québec, Damien Robitaille ira au camp musical de Saint-Alexandre, dans le Bas-du-Fleuve, et offrira son répertoire et sa voix à l'orchestre des jeunes. L'an dernier, Karkwa avait été choisi pour le spectacle estival.
À l'automne, la tournée de Robitaille se poursuivra au Québec, en Ontario et ailleurs au Canada. Et au printemps 2011, une bonne douzaine de concerts sont prévus en France. On finira bien par croire qu'il est une grande vedette!
Vous voulez y aller?
QUI : Damien Robitaille (précédé de Pierpoljak et suivi de Sanseverino)
QUAND : mardi à partir de 19h15
OÙ : parc de la Francophonie
Accès : laissez-passer du FEQ
info : www.infofestival.com














