Santana: les accords de l'harmonie

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15 juillet 2010 15 juillet 2010

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Festival d'été

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Festival d'été

Qu'il s'agisse de la programmation, des artistes qui viendront et des performances qu'ils offriront, vivez le Festival d'été de Québec au jour le jour avec l'équipe du Soleil. Ce rendez-vous culminera du 8 au 18 juillet 2010. »

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Nicolas Houle
Le Soleil

(Québec) Une tournée estivale, une demande en mariage sur scène à la percussionniste Cindy Blackman, la réédition de Supernatural, la parution imminente de l'album de reprises Guitar Heaven... Rarement l'agen­da de Carlos Santana n'aura été si rempli. Le guitariste de 62 ans a néanmoins trouvé le temps de s'entretenir avec nous, levant le voile sur son nouveau projet et précisant sa philosophie avec ces métaphores dont il a le secret.

Q Pour la présente tournée, The Universal Tone Tour, vous avez invité Steve Winwood à faire vos premières parties. Avez-vous convenu de collaborer sur certaines pièces?

R Absolument. Mais la seule cho­se qui est planifiée, c'est qu'on ne fasse pas de pièces de Steve Winwood ou de Santana ensemble. Je veux qu'on fasse quelque chose d'entièrement différent. Alors je lui ai envoyé des chansons écrites par d'autres et il m'en a envoyées.

Q Profitez-vous de ces concerts pour présenter des pièces de votre prochain album, Guitar Heaven : Santana Performs the Greatest Guitar Classics of All Time, où il y a des versions de Riders on the Storm (The Doors), de Back in Black (AC/DC) et de Little Wing (Hendrix)?

R Oui, nous sommes dans cette intéressante position de pouvoir présenter au public de la nouvelle musique et de la musique à laquelle les gens se sont habitués, mais avec une fraîcheur nouvelle. Ce qui rend ça frais, c'est la clarté et l'intensité de notre intention. Alors il y aura des pièces du nouvel album qui devrait paraître le 21 septembre.

Q Sur ce disque, il y aura de prestigieux invités comme Yo-Yo Ma, India.Arie Scott Weiland, Rob Thomas, Naz, Ray Manzarek, Joe Cocker ou Chris Cornell. En tournée, vous êtes également entouré d'une foule de musiciens. Pour vous, la musique est quelque chose de collectif?

R Oui, l'énergie devient plus vaste quand vous la complétez et que vous y amenez de l'unité et de l'harmonie. Ce n'est pas Nascar, on n'est pas en compétition et on ne tente pas de se comparer. [...] Les collaborations, c'est aussi ce qui me fait évoluer. J'aimerais faire quelque chose un jour avec Andrea Bocelli, avec des Amérindiens, avec Robbie Robertson ou encore Neil Young...

Q L'un des éléments intéressants quand vous avez des chanteurs invités, c'est la façon dont vous interagissez : votre guitare est omniprésente, sans que toutefois elle n'empiète sur leur chant. Comment abordez-vous ces collaborations?

R Ça prend une situation où tout le monde gagne et où il y a du succès, pas seulement artistiquement mais aussi financièrement. Cela arrive quand Carlos se tasse du chemin, y compris du sien. C'est impératif pour Eric Clapton, Jimi Hendrix, Jeff Beck ou moi-même, à chaque jour, de se tasser de sa propre route et c'est là que la meilleure musique prend forme. On laisse les egos de côté et l'inspiration se manifeste, ce qui permet de voir la situation et de faire les choses de façon tangible.

Q Il y a de la lumière, un côté positif dans votre musique. Est-ce parce que vous combattez la noirceur, tentez de la contourner ou est-ce parce que cet aspect positif est votre environnement naturel?

R Je vous aime parce que vous m'avez posé cette question. On ne me l'avait encore jamais posée. Depuis les débuts, ma vraie énergie est de savoir que je suis deux choses : lumière et amour. Bien sûr, je peux être Mexicain, Irlandais ou Canadien, mais ça, ce sont des chandails ou des pantalons. Je préfère être nu et n'être que lumière et amour afin de faire partie d'une grande famille d'humains qui n'est pas ancrée dans le patriotisme, ce qui est préhistorique, ou dans la religion, ce qui est très trompeur. Car si une religion croit que seulement son dieu est dieu, alors vous avez de la supériorité et de l'infériorité et c'est pourquoi il y a eu tellement de guerres sanglantes. [...] Tout ce qui a trait à la religion ou la politique n'a jamais très bien fonctionné pour l'humanité à ce jour. Ce qui a marché, c'est l'unité, l'harmonie, la compassion, l'inclusion. [...] Je suis préoccupé par les gens qui cherchent l'amour et la lumière en eux. C'est ce qui est important pour moi.

Q Pour pouvoir continuer à jouer du jazz, du blues ou de la world, est-ce nécessaire de garder un lien avec la pop et le palmarès, comme vous l'avez fait?

R Ça dépend des chansons. Mona Lisa, de Nat King Cole, Walk on By, de Diane Warwick, Yesterday, des Beatles, sont des chansons très commerciales. Être commercial n'est pas forcément être superficiel ou stupide. Ce sont les compagnies de disques qui sont parfois menées par des gens superficiels ou stupides. Pas tous, mais plusieurs d'entre eux n'ont que faire du coeur des gens; ils ne cherchent qu'à vous intéresser à quelque chose qui vous déçoit, puis clonent des artistes pour vous décevoir. Mais ce n'est pas quelque chose de nouveau. Il y a eu des Little Richard, mais aussi des Pat Boone; des Aretha Franklin, mais aussi des... Si je continue à mettre des noms, des gens seront blessés. Disons qu'il y a du vrai et de l'artificiel. Ce qui est vrai transcende les genres et le temps.

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