Rammstein: tout feu tout flamme

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Festival d'été

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Festival d'été

Qu'il s'agisse de la programmation, des artistes qui viendront et des performances qu'ils offriront, vivez le Festival d'été de Québec au jour le jour avec l'équipe du Soleil. Ce rendez-vous culminera du 8 au 18 juillet 2010. »

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Nicolas Houle
Le Soleil

(Québec) Au bout du fil, le guitariste Paul Landers prête l'oreille attentivement à nos questions, puis répond dans sa langue maternelle, faite de R bien roulés et de K qui claquent - un interprète se charge de nous retourner les réponses en anglais. Premier indice qu'avec Rammstein, on a affaire à un groupe pas tout à fait comme les autres...

Si Landers tient à nous répondre en allemand, ce n'est pas par caprice. Il a toujours fonctionné ainsi. C'est simplement que le guitariste et chanteur veut être bien compris et s'assurer qu'il n'y ait pas d'ambiguïté dans ses réponses. Quand on flirte régulièrement avec la controverse, vaut mieux éviter les dérapages médiatiques...

Toujours mordant

Après 16 ans d'activité et six albums studio, Rammstein n'a rien perdu de son mordant. Liebe Ist für Alle Da, paru à l'automne, a en effet été censuré pendant des mois en Allemagne en raison des photos du livret, où l'on voit un des membres fessant une donzelle, ainsi que pour les paroles explicites du simple Pussy... Ceci n'empêche pas le métal industriel de la troupe, influencé par Nine Inch Nails, Depeche Mode et Led Zeppelin, d'avoir la cote. Avec ses concerts regorgeant d'effets pyrotechniques, ses vidéoclips audacieux et ses textes où jeux de mots et sujets litigieux sont à l'honneur, Rammstein est en effet un groupe hyper-couru en Europe. Or chez nous, il s'est toujours fait plus discret, quoique la chanson Du Hast se soit bien implantée.

Comme le concert de dimanche, sur les plaines d'Abraham, sera le premier en Amérique du Nord depuis 2001 et l'un des rares où Landers, Till Lindemann (voix), Richard Z. Kruspe (guitares, voix), Oliver «Ollie» Riedel (basse), Christoph «Doom» Schneider (batterie) et Christian «Flake» Lorenz (claviers) se présenteront sur le continent avec tout leur appareillage scénique, nul besoin de dire qu'il prend l'allure d'un événement.

Q Le nouvel album, Liebe Ist für Alle Da, a été censuré jusqu'en juin dernier en Allemagne. Ça vous a irrité ou, au final, ça vous a fait de la publicité, le simple Pussy devenant votre premier numéro un au pays?

R Je répondrai par une analogie. Dans une partie de soccer du Mondial, l'Allemagne a reçu un carton rouge pour quelque chose que l'équipe n'avait même pas commis.

Q Vous ne détestez pas la controverse, mais estimez-vous que c'est parfois allé trop loin et que cela a pu vous nuire?

R On ne choque pas simplement dans le but de choquer. [...] La provocation est une des composantes naturelles de notre travail. On ne se demande pas si on en fait trop ou pas assez. Ce n'est pas artificiel, c'est simplement quelque chose qui vient avec notre manière de créer. Parfois il faut qu'on se freine un peu, mais on peut vivre les conséquences de ce que l'on fait.

Q Une sorte de mystère entoure le groupe, comme s'il était insaisissable. Quand vous avez été accusés d'être d'extrême droite, par exemple, vous avez répondu que vous étiez de gauche et avez enregistré Links 2-3-4, ce qui peut être traduit par «gauche, 2, 3, 4» et qui voudrait dire que votre coeur est à gauche. Or ceci a aussi été interprété par certains comme une référence à la marche militaire...

R Pour nous, notre position a toujours été claire. Pour nos fans aussi : ils savent quelle est notre opinion sur différents sujets. Ceux qui nous connaissent mal peuvent y voir une ambiguïté, mais quiconque est intéressé par le groupe ou est venu à nos concerts sait comment nous pensons.

Q Sur votre nouvel album, il y a un titre, Frühling in Paris, où le refrain est en français, ce qui vous fait délaisser le métal et le techno au profit d'une approche mélodique, délicate, voire même romantique. La langue a-t-elle une influence sur le contenu?

R Je crois que c'est le contraire. Cette pièce avait une parenté avec la chanson française et je suis arrivé avec l'idée qu'on chante le refrain en français. [...] Je dois dire qu'on n'aurait jamais eu confiance, auparavant, de mettre un titre comme celui-là sur un album. Ça nous a pris plusieurs années pour avoir l'audace d'essayer quelque chose comme ça.

Q Rammstein arrivera à Québec avec ses effets pyrotechniques, ses costumes, ses maquillages et sa scénographie. Est-ce que pour vous l'aspect visuel est aussi important que la musique?

R Il y a un débat parmi nous afin de trouver le bon dosage entre les effets et la musique, car parfois on se retrouve avec un effet très impressionnant qui distrait l'auditeur durant le moment important d'une chanson et, dans ces cas-là, c'est préférable de laisser les artifices de côté. Ces divergences d'opinion au sein du groupe nous ont menés, je crois, à trouver le juste équilibre.

Q Quand vient le temps de partir en tournée, est-ce que vous vous assoyez tous les six pour déterminer quelle sera la thématique du concert et l'habillage scénique ou est-ce une équipe qui vous fait des propositions?

R On démarre avec un morceau de papier vierge, où l'on couche des suggestions, puis soudain, sans qu'on ne s'en rende trop compte, on se retrouve avec un spectacle complet et personne ne sait plus d'où ça vient, mais ça marche! Pour ce spectacle, on n'avait même pas une idée de base au départ...

Q Vous avez des fans un peu partout autour du monde, mais vous chantez surtout en allemand. Est-ce un problème que plusieurs ne comprennent pas le contenu et puissent mal interpréter les chansons?

R Non. Ce n'est pas nécessaire de comprendre les textes en allemand, car bien souvent, l'imagination peut remplir les vides. Dans certains cas, ça peut même dépasser l'idée des paroles initiales. D'autre part, si vous comprenez l'allemand, vous découvrirez qu'il y a une foule d'éléments intéressants dans nos paroles. [...] Mon expérience personnelle, avec les textes anglophones, c'est que j'ai été souvent déçu lorsque j'ai découvert de quoi ils traitaient...

Q Vous êtes les mêmes six musiciens depuis le tout début. Richard Z. Kruspe a déjà dit que c'était difficile car c'était comme avoir six capitaines sur un même navire. Quel est le secret de votre longévité?

R Il semble que si une personne dans le groupe a des ennuis, les autres le ramènent sur le droit chemin. Je ne sais pas si le chiffre six a des qualités spéciales, mais au bout du compte, ç'a toujours bien fonctionné pour nous.

Q Il y a des rumeurs de tournée nord-américaine. C'est quelque chose sur quoi vous travaillez?

R Il n'y a pas une tournée encore organisée pour l'Amérique du Sud et l'Amérique du nord, seulement quelques concerts ici et là, mais c'est quelque chose qu'on tente de mettre sur pied. On perdrait 650 000 euros (845 000 $) dans une aventure du genre, alors on tente de rentabiliser tout ça.

Q Paul, il semble que, personnellement, vous n'aimez pas tellement la musique rock. Pourquoi ça fonctionne si bien pour vous avec Rammstein?

R [Rires] Peut être tout simplement parce qu'on n'est pas un groupe comme les autres...

Vous voulez y aller?

QUI : Rammstein

QUAND : dimanche à 21h15

: plaines d'Abraham

ACCÈS : laissez-passer du FEQ

INFO : www.infofestival.com

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