Puisque le Festival d'été a décidé de cacher ses données de fréquentation à mi-parcours, impossible aujourd'hui de savoir s'il a eu raison d'afficher complet pour cinq grands rendez-vous. Dans le cas de Black Eyed Peas, il semble que la sécurité des festivaliers l'exigeait, mais cela s'est quand même fait au détriment de certains détenteurs de laissez-passer, ce qui ne devait pas arriver.
Il sera toujours très difficile de prévoir combien de gens vont se ruer vers un concert ou un autre. Mais peut-être que le FEQ ferait bien de réfléchir à une structure de vente plus raffinée que celle du laissez-passer universel. Certains plus petits festivals, pensons au Carrefour international de théâtre ou au Festival de la chanson de Tadoussac, offrent ce type de laissez-passer, mais ils vendent aussi des spectacles à la pièce et des laissez-passer pour telle ou telle scène ou pour un ou deux jours (à un prix moins dissuasif pour le touriste de passage qui souhaite aller à la place D'Youville, par exemple). Il y a peut-être dans cette voie le début d'une solution.
En affichant complet au début des festivités, le FEQ créait la rareté et invitait à la revente. On pouvait prévoir que les gens plus âgés qui avaient acheté leur droit d'entrée pour le spectacle d'ouverture n'iraient pas chez les Black Eyed Peas et penser qu'il n'y aurait pas une telle cohue, mais puisqu'à partir du 14 juillet il n'y avait plus grand-chose pour les aînés, c'était facile pour eux de revendre leur bracelet et cela a permis de gonfler encore le public du célèbre groupe hip-hop.
En ce qui concerne la chanson francophone, le maigre résultat de Lara Fabian (15 000 personnes un samedi soir) et celui plutôt décevant du spectacle d'ouverture (28 000) paraissent donner raison au FEQ sur le plus petit potentiel d'attraction de la chanson francophone. Bien sûr, on ne compte pas par dizaines les artistes capables de faire comme Gilles Vigneault et Loco Locass sur les Plaines. Mais il y en a, on l'a vu au fil des ans (Mes Aïeux, Aznavour, Ferland, Indochine, Éric Lapointe, notamment) et c'est possible de continuer à accorder une petite place à la francophonie sur les Plaines. Et surtout, une beaucoup plus grande au parc de la Francophonie, où la programmation était décevante cette année à bien des égards.
On sera curieux d'entendre le bilan de l'organisation du FEQ aujourd'hui. Souhaitons plus de transparence que pendant le Festival. Essayer de savoir combien coûte la sécurité ou combien de monde fréquente les Plaines, des questions de base pourtant, mène les journalistes au mur du silence et parfois au rayon des excuses bidon pour justifier ce silence. Pourtant, nous ne sommes pas des naïfs et le public non plus...
















