À l'heure actuelle, la grande majorité des infections rapportées se trouvent au Mexique (environ 2000 patients et 152 décès allégués), et en particulier dans la capitale Mexico, mais très peu d'entre elles ont été confirmées par des analyses en laboratoire, soit seulement 26 malades et sept morts, a souligné le directeur national de la Santé publique, le Dr André Poirier. Et encore, dit-il, la cause de ces décès peut avoir été confondue avec autre chose.
«Lorsqu'ils [les médecins mexicains] ont découvert qu'il y avait une augmentation du nombre de cas, c'était déjà parti. Donc, ils font une analyse a posteriori de cas qui se sont peut-être compliqués de pneumonies, de sorte qu'il y a une confusion dans le diagnostic. Il y a très peu de cas, et en fait il y a encore moins de cas confirmés en laboratoire au Mexique qu'aux États-Unis. [...] Alors, on espère qu'avec les enquêtes qui sont en cours, avec les experts internationaux sur le terrain, on aura de meilleures réponses.»
Par comparaison, les cas confirmés en labo au Canada (13 patients) et aux États-Unis (64) semblent beaucoup moins graves. Jusqu'à présent, aucun n'a causé la mort et seulement sept personnes sont hospitalisées chez nos voisins du sud - encore que les autorités américaines s'attendent à ce que le virus finisse par tuer.
En conséquence, a-t-on soumis au Dr Poirier, lorsque le virus arrivera au Québec, on risque fort de se rendre compte qu'il n'était pas vraiment pire qu'une grippe ordinaire. «Si je me fie aux probabilités actuelles, c'est tout à fait vrai, et on en serait bien content», a répondu le médecin.
Le ministre de la Santé Yves Bolduc a tout de même décidé que ses hauts fonctionnaires donneraient une conférence de presse par jour jusqu'à ce que la «crise», appréhendée ou réelle, soit passée. «Actuellement, il vaut mieux en faire plus parce qu'il y a encore des inconnues et parce qu'il faut rassurer la population», a justifié le Dr Poirier. Le fait que l'Organisation mondiale de la santé ait élevé son niveau d'alerte de 3 à 4 (sur six échelons) a en outre fait passer le provincial d'une étape de préparation à une étape d'action - ne serait-ce qu'en informant la population.
Son collègue du ministère de la Santé Pierre Laflamme a rappelé que le MSSS avait son plan depuis longtemps et que toutes les régions s'étaient dotées d'un plan similaire, de même que tous les établissements du réseau de la santé.
Une conférence de presse du même ordre a été tenue hier sur la Rive-Sud, presque en même temps que celle de MM. Poirier et Laflamme. La coordonnatrice des services en maladies infectieuses de l'Agence de la santé et des services sociaux de Chaudière-Appalaches, la Dre Diane Morin, a assuré qu'une communication quotidienne était maintenue avec les milieux scolaires pour détecter d'éventuels cas.
Samedi dernier, 24 élèves de l'école primaire Vision Rive-Sud étaient de retour d'un voyage au Mexique. Signe que l'Agence considère avoir la situation sous contrôle, ces élèves n'ont pas été retirés des classes par mesure préventive.
«Il n'y a eu aucune recommandation d'isolement, précise la Dre Morin. La même situation s'est présentée avec des élèves en Nouvelle-Écosse et, lorsque des cas se sont déclarés, les mesures nécessaires ont été prises pour qu'il n'y ait pas de transmission du virus. Nous agissons de la même manière.»
Si des symptômes de la grippe, comme de la fièvre et de la toux, apparaissaient chez des gens de retour du Mexique, l'ASSS recommande de contacter la ligne Info-Santé avant toute chose. «Il ne faut pas aller voir un médecin et risquer de contaminer d'autres patients si les symptômes sont faibles», explique la Dre Morin.













