La directrice générale de l'organisme, Dre Margaret Chan, a pris cette décision mercredi en constatant que des infections d'humain à humain n'avaient plus seulement lieu au Mexique, pays considéré comme le point de départ du virus, mais que la contagion survenait également aux États-Unis. Selon les protocoles de l'OMS, la phase 5 est déclenchée quand des foyers autonomes existent dans deux pays d'une même région.
L'organisation ne recommande toujours pas de restreindre la circulation des personnes et des biens entre les pays, mais «les individus peuvent faire beaucoup en restant à la maison s'ils sont malades, en se lavant les mains, en mettant la main devant la bouche pour tousser [... et] en évitant de se saluer en se faisant la bise ou en se serrant chaleureusement dans les bras», a ajouté Dre Chan.
Le Mexique compte près de 2500 personnes possiblement infectées, mais a revu à la baisse hier soir le nombre de décès «suspects» (84 au lieu de 159). Seulement 26 cas (dont huit décès) ont été confirmés en laboratoire. Ailleurs dans le monde, les décomptes officiels faisaient état en soirée de 122 cas vérifiés, dont
91 aux États-Unis, et d'un seul décès, un bambin de 23 mois d'origine mexicaine qui a succombé à la maladie dans un hôpital du Texas.
Aide canadienne
Le Canada, où l'on trouvait hier 19 cas avérés de grippe mexicaine contre 13 la veille ? toujours aucun au Québec ?, a accepté d'aider le Mexique dans ses analyses. Quelque 200 échantillons de ce pays seront analysés prochainement au Laboratoire national de microbiologie de Winnipeg.
Les six nouveaux malades canadiens sont répartis également en Ontario (où l'on compte sept cas au total) et en Colombie-Britannique (six), les cas précédents demeurant en Nouvelle-Écosse (quatre) et en Alberta (deux). «Heureusement, ces nouveaux cas, comme ceux confirmés auparavant au Canada, sont bénins. [...] Je veux rassurer les Canadiens sur le fait que notre gouvernement est prêt à braver la tempête dès maintenant», a indiqué la ministre fédérale de la Santé, Leona Aglukkaq, hier, en conférence de presse.
Selon l'administrateur en chef de la santé publique au fédéral, David Butler Jones, l'entrée en phase 5 de l'OMS «ne signifie pas que nous faisons face à une situation différente au Canada». Les cas canadiens sont toujours aussi peu sévères, a-t-il dit lors du même point de presse, bien qu'«il y ait toujours des cas plus graves et malheureusement nous verrons peut-être des décès».
«Jusqu'à maintenant, au moins au Canada et aux États-Unis, la maladie fonctionne sur un mode très similaire à celui de la grippe en général», a dit le Dr Butler, en précisant que la pandémie de grippe espagnole de 1918, qui avait fait entre 20 et 50 millions de morts, avait suivi un modèle différent.
«Le risque de mourir de la grippe n'est pas plus élevé maintenant que durant une saison normale de grippe. Mais votre risque d'attraper la grippe [mexicaine] est beaucoup plus grand, parce qu'il s'agit d'un virus nouveau. Alors, c'est plus une question de volume qu'une question de virulence», a poursuivi le Dr Butler.
Le médecin précise toutefois qu'il reste encore des recherches à faire avant d'en avoir la vraie confirmation.
Une nouvelle ligne téléphonique
Du côté provincial, le Dr Alain Poirier, directeur national de la santé publique du Québec, a annoncé mercredi qu'une ligne spéciale était désormais à la disposition des citoyens désirant poser des questions sur la grippe mexicaine. Le 1 877 644-4545 sera donc à leur disposition. Notons qu'on n'y trouvera que des renseignements d'ordre général (par exemple, si on peut contracter la maladie en mangeant du porc), et non des «consultations médicales par téléphone».
Au sujet des travailleurs étrangers, le Dr Poirier a rappelé que «le virus est partout. Il est au Canada, aux États-Unis, en Europe, peut-être même que votre voisin l'a attrapé, alors ostraciser un groupe en particulier ne mène à rien».
Avec La Presse Canadienne, Associated Press et Agence France-Presse
















