Un premier cas dans la province

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Grippe A

[ Santé ]

Grippe A

Toute l'actualité sur l'éclosion de grippe d'abord appelée poricine, puis mexicaine et maintenant A (H1N1), de même que ses impacts ici et ailleurs. »

Le Dr Karuna Karunakaran travaille dans le laboratoire... (La Presse Canadienne)

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Le Dr Karuna Karunakaran travaille dans le laboratoire de recherche sur les vaccins du BC Centre for Disease Control, en Colombie-Britannique.

La Presse Canadienne

Jean-François Cliche
Le Soleil

(Québec) Quinze nouveaux cas de «grippe porcine», dont un premier au Québec, ont été confirmés jeudi au Canada, mais comme les précédents, ils sont tous de nature bénigne.

En conférence de presse, en fin d'après-midi, l'Agence de la santé publique du Québec n'était pas en mesure de dire si le Québécois infecté était un cas «très probable» qu'elle avait sous surveillance depuis quelques jours. S'il s'agissait bien de la même personne, celle-ci serait alors originaire de Montréal et aurait contracté le virus lors d'un séjour récent au Mexique.

Quoi qu'il en soit, le Dr Alain Poirier, directeur national de la Santé publique du Québec, a fait savoir jeudi que la personne atteinte présentait des symptômes légers et qu'elle avait été retournée chez elle, après qu'on lui eut donné quelques consignes de sécurité pour sa famille et elle. Tous les autres cas confirmés au Canada sont dans la même situation.

De 19 mercredi, le nombre de Canadiens atteints de l'«influenza A (H1N1)» ? le nouveau nom officiel de la maladie décrété par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ? est soudainement passé à 34 jeudi. À part le cas québécois, cinq nouveaux cas ont été confirmés en Colombie-Britannique (11 au total), quatre en Nouvelle-Écosse (8), quatre en Alberta (6) et un en Ontario (8).

«Heureusement, tous les cas au Canada sont légers, s'est réjouie la ministre fédérale de la Santé, Leona Aglukkaq. Je répète que ces nouveaux cas étaient attendus et qu'ils ne changeront pas notre approche.»

Pas très virulent

Joint en France par Le Soleil en plein congrès sur les vaccins contre la grippe (!), le Dr Guy Boivin, spécialiste de l'influenza de l'Université Laval, s'est dit d'avis que la période de l'année à laquelle la maladie est apparue en amoindrira peut-être l'effet. Le temps froid et sec est en effet plus propice à la grippe que les chaleurs de l'été, ce qui explique d'ailleurs pourquoi la saison de la grippe est l'hiver, dit-il. En outre, l'arrivée des beaux jours signifie que les écoles vont fermer bientôt, ce qui est une chance, puisque les enfants sont de «bons vecteurs pour disséminer l'infection».

«Mais ne perdons pas de vue, quand même, qu'il y a de l'influenza même dans les pays tropicaux, qui n'ont jamais d'hiver, nuance-t-il. (...) Et quand il y a une pandémie, ça ne respecte pas nécessairement les saisons.» Celle de 1957 a forcé la fermeture d'écoles québécoises en plein mois de septembre, illustre-t-il.

Dans l'ensemble, comme d'autres experts l'ont souligné cette semaine, le Dr Boivin dit que le virus actuel ne semble pas particulièrement virulent. «Il faut rester à l'affût, croit-il tout de même, parce que parfois un virus va frapper pas trop fort dans un premier temps, pour ensuite disparaître de la circulation et revenir après quelques mois avec une virulence accrue.»

Si on le compare avec les deux crises sanitaires mondiales les plus récentes, en tout cas, le H1N1 apparaît jusqu'à maintenant nettement moins redoutable que le SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) et la grippe aviaire. D'après des données de l'OMS, le premier a infecté 8096 personnes dans le monde de novembre 2002 à juillet 2003, en tuant 774, pour un taux de mortalité de 9,6 %. La grippe aviaire, quant à elle, a touché 421 personnes de 2003 à cette année, emportant pas moins de 61 % d'entre elles (257). Fort heureusement, cette dernière ne se transmet pas d'un humain à l'autre.

Autres facteurs

Dans le cas de la grippe mexicaine, la plupart des décès sont survenus au Mexique, mais des experts comme le Dr Boivin affirment que ces morts ne sont peut-être pas toutes attribuables au H1N1. Plusieurs analyses ont été réalisées après les faits et peuvent avoir été faussées, craint-il. Si l'on fait abstraction des cas mexicains «confirmés» avant jeudi, donc, on se retrouve avec un seul décès sur 231 personnes atteintes. D'autres facteurs (virus ou bactéries supplémentaires, conditions sociosanitaires, possible vulnérabilité génétique de la population locale) pourraient expliquer la mortalité mexicaine, selon le médecin.

«Mais cela demeure quand même une situation qui doit être prise au sérieux», dit-il.

Le Dr Boivin note par ailleurs que, jusqu'ici, le A (H1N1) a touché un peu plus durement les enfants et les jeunes adultes que les personnes âgées. «Alors il se peut que les gens d'un certain âge aient été en contact (avec une souche de grippe apparentée au H1N1 actuel). En 1976, il y avait eu une mini-épidémie de swine flu aux États-Unis, alors peut-être que certaines personnes ont pu développer un peu d'anticorps. C'est une possibilité, mais ça n'a pas été prouvé.»

Avec La Presse Canadienne

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