Sous «observation» dans un hôtel de Changchun, une ville au nord-est de Pékin, les participants au programme d'été en Chine de l'UdeM - dont quatre sont inscrits à l'Université Laval cette année - ont pu quitter l'établissement hier au lieu de demain ou samedi, comme le prévoyaient au départ les autorités chinoises.
«Après avoir pris connaissance de l'état de santé des étudiants, le ministère des Affaires étrangères a proposé ce matin de les libérer plus tôt», a expliqué Lin Ji, le directeur adjoint du département de santé de la province de Jilin.
Les étudiants en quarantaine ont toutefois été les derniers à être informés que la quarantaine était levée. Selon le directeur du Centre d'études de l'Asie de l'Est de l'Université de Montréal, David Ownby, qui chapeaute le programme, les médias québécois ont rapporté la nouvelle de la levée de la quarantaine bien avant qu'elle ne soit communiquée aux étudiants.
M. Ownby a affirmé que l'information avait d'abord été transmise à l'ambassade du Canada à Pékin par les autorités provinciales. Puis, c'est l'université partenaire de l'UdeM à Changchun qui a appris la nouvelle, ensuite retransmise au professeur qui accompagnait les étudiants à l'hôtel Jingyue.
L'UdeM avait d'abord affirmé que 29 étudiants avaient été placés en quarantaine en Chine. En fait, deux d'entre eux n'ont pas encore rejoint leurs camarades, dont une étudiante qui partira de la France, indique M. Ownby.
L'étudiant qui part bientôt de Montréal est «un peu découragé, ça ne lui tente pas de faire une quarantaine tout seul», ajoute le directeur du centre d'études.
Bien traités
À Changchun, ses camarades ont été bien traités durant la quarantaine. Lors de leur séjour à l'hôtel, ils ont pu poursuivre leurs études. Ils étaient nourris trois fois par jour et avaient accès à la cour de l'établissement, où ils ont dormi hier soir.
Les étudiants devraient quitter l'hôtel vers 8h30 aujourd'hui, pour se diriger vers l'Université normale du Nord-Est de Chine à Changchun. C'est dans cette institution qu'ils suivront des cours de mandarin jusqu'à la mi-juillet.
Selon M. Ownby, la pression exercée par le gouvernement canadien sur les autorités chinoises a joué un rôle dans leur décision.
«Les Chinois n'étaient plus capables de fournir une explication convaincante pour expliquer pourquoi ils devaient rester
confinés si longtemps, alors que personne n'avait manifesté aucun symptôme.»
Note diplomatique
Mardi, l'ambassade du Canada à Pékin a envoyé une note diplomatique dans laquelle elle demandait aux autorités chinoises des explications sur cette quarantaine.
Ottawa a également fait part de ses préoccupations concernant l'assistance consulaire fournie aux étudiants, puisque des représentants canadiens n'avaient eu qu'un accès limité à l'hôtel où ils logeaient.
Le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, sera en Chine vendredi, pour un voyage déjà prévu. «J'aurai l'opportunité de soulever la question directement aux autorités chinoises», a-t-il affirmé.
Comme plusieurs pays, la Chine continuera à surveiller étroitement les voyageurs en provenance des régions infectées par la grippe A (H1N1). Le Canada comptait hier 201 cas confirmés de grippe A (H1N1).
Mardi, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, avait indiqué qu'il demanderait aux gouvernements de revenir sur les mesures restrictives en matière commerciale et de circulation pour cause de grippe A (H1N1), à moins qu'elles n'aient des fondements scientifiques clairs.
D'autres touristes canadiens demeurent en quarantaine dans un hôtel de Hong Kong. Aucun d'entre eux n'a montré de symptômes de la grippe A (H1N1).
Avec La Presse Canadienne













