Depuis la découverte du virus maudit au Mexique, en avril, le gouvernement du Québec a mis en place un programme gratuit de surveillance des souches de grippe circulant dans les porcheries. Environ 160 troupeaux présentant des symptômes grippaux ont été testés, mais seul le cas révélé mardi s'est vu coller l'étiquette A (H1N1).
La souche a été confirmée officiellement le 24 juillet par le Laboratoire national de microbiologie de l'Agence de la santé publique du Canada, situé à Winnipeg. Cela faisait toutefois une bonne semaine que les médecins-vétérinaires du MAPAQ se doutaient qu'ils avaient affaire au virus suspect puisque leurs propres analyses et celles de la faculté de médecine vétérinaire de l'Université de Montréal, à Saint-Hyacinthe, pointaient toutes dans la même direction.
Le troupeau a donc été visité dès cette date, mais les animaux étaient déjà rétablis. Il semble que les symptômes grippaux, constatés fin juin, se soient estompés en l'espace de quelques jours, précise le Dr Alain Laperle, pathologiste au MAPAQ. Des tests supplémentaires ont d'ailleurs confirmé que le virus était complètement disparu.
Le MAPAQ a refusé de dire dans quelle région est située la porcherie contaminée, mais a précisé qu'il s'agissait d'un troupeau standard comptant entre 1000 et 2000 bêtes à l'engraissement. Le communiqué de presse diffusé mardi précise qu'«aucun autre cas n'a été signalé dans les élevages porcins au Québec et qu'il n'y a pas de cas humain associé à cette situation».
Le Dr Laperle avoue candidement qu'«on ne sait pas comment c'est entré là». L'hypothèse la plus probable veut qu'un humain contaminé, mais ne présentant pas de symptômes visibles, ait passé la maladie aux cochons.
Au début de la pandémie de grippe actuelle, un élevage porcin de l'Alberta, porteur du virus potentiellement mortel, avait été mis en quarantaine par crainte d'une contamination à grande échelle. Dans un geste d'ultime prudence, les bêtes ont finalement été euthanasiées. Si le Québec réagit moins fortement, cette fois, c'est parce que les connaissances ont évolué en l'espace de quelques mois, précise le Dr Laperle. «L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a établi que le porc n'est pas un animal important dans la propagation du virus, qu'il n'est pas malade longtemps et qu'il ne contamine pas les gens dans l'entourage», explique-t-il.
«C'est une grippe comme les autres actuellement», résume Jean-Guy Vincent, président de la Fédération des producteurs de porcs du Québec.
Lui comme les fonctionnaires du ministère de l'Agriculture du Québec ont répété mardi que la viande provenant de porcs guéris est «tout à fait sécuritaire et ne comporte aucun risque pour la santé humaine». En tout temps, d'ailleurs, seuls les sujets en
parfaite santé peuvent se rendre à l'abattoir.











