C'est du moins ce que constatent certains candidats actuellement en plein porte-à-porte en prévision des élections du 1er novembre.
Geste incontournable de la présentation d'un candidat, la légendaire poignée de main n'est plus systématique, selon le conseiller qui se représente dans le district du Vieux-Moulin, Marc Simoneau.
Le candidat pour Équipe Labeaume a même chiffré le tout lors de ses activités de campagne sur le terrain. Selon lui, 9 citoyens sur 10 ne tendent pas la main lorsqu'il se présente. Pas plus mal, estime M. Simoneau qui, en réponse, tend plutôt un dépliant de la main droite. «Je ne tends pas la main, je tends le pamphlet. Si la personne me tend la main, je l'accepte», explique l'ex-animateur de radio. «Les rares qui me tendent la main sont des sportifs qui me reconnaissent de mon ancienne vie», ajoute M. Simoneau, qui a décidé qu'il ne se fera pas vacciner contre la grippe A (H1N1).
Mais si le candidat Simoneau a choisi de modifier ses habitudes de campagne, il n'y a aucune recommandation officielle à ce sujet au sein d'Équipe Labeaume. «Les gens font plus attention qu'avant dans les endroits publics, note toutefois l'attaché de presse du parti, Michel Gagné. Les politiciens en campagne sont sensibilisés à ça.»
Sur le terrain, la candidate du district de la Chute-Montmorency, Julie Lemieux, indique que la grippe ne semble pas être une grande préoccupation. «Les gens me serrent la main, je n'ai rien remarqué de spécial, dit-elle. Mais on entend de plus en plus parler de la grippe, peut-être que ça va changer d'ici la fin de la campagne.»
Même discours chez Marc Boucher, candidat indépendant dans le district Le Plateau, qui dit n'avoir senti qu'une «légère» différence dans le recours systématique à la poignée de main.
Loranger le «précurseur»
En août dernier, le maire de L'Ancienne-Lorette, Émile Loranger, en a fait sourire certains lorsqu'il a annoncé que son équipe bannissait les poignées de main.
Trois mois et bien des perrons de porte plus tard, il dresse un bilan positif de sa démarche antimicrobes. Auprès des citoyens, dit-il, la démarche a été acceptée à «100 %».
«Au début, certains se sont moqués de nous. Mais sur le terrain, l'idée a été extrêmement bien reçue partout. On avait vu juste», lance M. Loranger.
Là encore, la tactique de tendre le dépliant au lieu de la main est efficace, dit-il. La main droite occupée à saisir le document, l'électeur ne pense ainsi pas à serrer la pince. «Un grand total de zéro main a été tendue pendant le porte-à-porte des candidats», assure-t-il.
Mais pour la chef du Renouveau municipal de Québec (RMQ), Anne Beaulieu, pas question de se priver de ce plaisir. «Ça permet d'établir le contact avec le citoyen, on sent beaucoup de choses dans une poignée de main», dit celle qui ne voit pas de changement majeur avec sa campagne de 2005. «Ça arrive à l'occasion, quand quelqu'un ne veut pas transmettre ses microbes. Tout le monde a un comportement très civique», explique Mme Beaulieu, qui a toujours une petite bouteille de Purell à portée de la main. Le recours au populaire antiseptique semble d'ailleurs généralisé chez les candidats consultés.
À Lévis, le chef de cabinet de la mairesse Danielle Roy Marinelli, Alain Blanchette, indique que le produit a la cote.
Quant au maire de Québec, Régis Labeaume, il n'a pas changé ses habitudes, selon l'attaché de presse Michel Gagné. «Le maire donne des poignées de main. Et il en donne beaucoup!» lance-t-il.















