Pour marquer le lancement de cette campagne de vaccination, la plus grande de l'histoire du Québec, difficile de trouver un symbole plus fort que trois députés qui font fi de la partisanerie pour retrousser leurs manches... et se faire vacciner devant les caméras. C'est ce qu'ont fait le ministre de la Santé, Yves Bolduc, le député de Québec Solidaire, Amir Khadir, et le porte-parole péquiste en matière de santé, Bernard Drainville.
Les trois hommes politiques, dont les deux premiers sont médecins, ont été parmi les premiers à recevoir le vaccin en cette semaine autrement réservée aux travailleurs de la santé. Pour les autres, la campagne débutera lundi prochain, le 2 novembre.
Pendant que les élus disaient vouloir montrer l'exemple dans un hôpital de Longueuil, la campagne de vaccination allait bon train à L'Hôtel-Dieu de Québec, où les employés ont répondu présents. «Ça ne dérougit pas. On voit que les travailleurs de la santé se font vacciner pour eux, mais aussi pour protéger les autres», se réjouissait le Dr François Desbiens, directeur régional de santé publique, dans un local transformé en clinique pour le personnel de l'établissement de la côte du Palais.
Dans les trois hôpitaux du CHUQ, soit L'Hôtel-Dieu, Saint-François d'Assise et le CHUL, quelque 10 000 employés sont invités à se faire vacciner dans des salles réservées à cet effet de 8h à 20h chaque jour jusqu'à samedi. Il en est de même dans les centres de santé et de services sociaux du territoire de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches. Au CHA (l'Enfant-Jésus et Saint-Sacrement), 6000?employés seront vaccinés de mardi à samedi de 7h à 19h.
Cent à l'heure
À L'Hôtel-Dieu lundi, une centaine de personnes à l'heure ont reçu le vaccin administré par quatre équipes de deux infirmières. Au total, une cinquantaine d'infirmières assureront la bonne marche de l'opération vaccination dans les trois hôpitaux du CHUQ. «Je suis content qu'il y ait du monde. Ça donnerait une mauvaise image si même le personnel avait des hésitations», estime le Dr Serge Whittom, endocrinologue, quelques minutes après avoir reçu le vaccin.
Assis dans la zone de repos où chacun doit rester une quinzaine de minutes, le Dr Whittom est l'un des rares à porter un masque. H1N1? «Non, je n'ai pas la grippe, dit-il. J'ai fait une infection respiratoire et je tousse encore un peu alors je ne prends pas de chance», ajoute celui qui dit n'avoir eu «aucune hésitation» avant de choisir de recevoir le vaccin.
Pour les autres aussi
Employé du centre de documentation de L'Hôtel-Dieu, Pierre-Luc Mercier a lui aussi choisi d'être parmi les premiers à se faire immuniser contre ce fameux nouveau virus. «Je me faisais déjà vacciner contre la grippe saisonnière alors je n'ai pas hésité longtemps», explique le jeune homme. Il faut dire qu'avec une fillette de sept mois à la maison, il trouve une motivation supplémentaire. «On le fait aussi pour les autres», dit-il.
Un choix partagé par deux de ses collègues fraîchement vaccinées. Les deux jeunes femmes ont des mères aux prises avec une maladie chronique. «J'ai hésité parce qu'après tout, c'est juste la grippe, confie l'une d'elles. Finalement, je le fais aussi pour ma mère.»
À quelques pas de là, Annette Dionne, soeur Augustine, fait un brin de lecture en attendant de s'assurer qu'elle réagit bien au vaccin. Bien que retraitée, elle continue à aider les patients de L'Hôtel-Dieu, à les accompagner à la chapelle, à leur rendre des services. «Je me fais vacciner parce que je rencontre les malades. On est une dizaine de bénévoles comme moi et les autres aussi vont se faire vacciner», explique celle qui fait partie de la communauté religieuse depuis 1945.


















