Annoncé mardi par le ministre de la Santé, Yves Bolduc, ce système permettra essentiellement de «faire la file chez soi». Au lieu de prendre une place dans une file, le patient pourra désormais aller chercher un coupon (aux mêmes endroits où l'on se fait vacciner) sur lequel sera inscrit le moment prévu de sa vaccination. Au lieu de rester dans la file, la personne pourra alors retourner chez elle, puis revenir à l'heure dite.
La vaccination à proprement parler s'étalera toujours de midi à 20h, mais des coupons seront disponibles à partir de 6h. «En procédant ainsi, personne n'aura à attendre inutilement puisque le nombre total de coupons correspondra au nombre de doses disponibles pour la journée. Ce système sera en vigueur dès [aujourd'hui] dans la région de Québec. [...] Évidemment, cette mesure n'éliminera pas complètement l'attente, mais elle permettra de la réduire pour qu'elle soit plus raisonnable», a indiqué M.?Bolduc, ajoutant que le procédé avait été testé ailleurs avec succès.
Notons qu'il sera possible pour un parent d'aller chercher des coupons pour ses enfants (dans la mesure où ils font partie des groupes ayant priorité) sans les amener avec lui, a assuré le ministre.
Le directeur de Santé publique du Québec, le Dr Alain Poirier, qui prenait place au côté de M. Bolduc, a pour sa part estimé que «oui, il y a quelques sites médiatisés où il y a eu des problèmes, mais [...] ça s'est nettement amélioré. On avait des ajustements à faire, on les a faits, et il y a encore des améliorations qui vont venir parce que c'est inacceptable que des gens aient à attendre des heures et des heures dehors».
Justifier les différences
Le directeur de Santé public a également dû justifier le fait que les priorités ne semblent pas être tout à fait les mêmes dans toutes les régions du Québec, certaines se montrant plus «libérales» que d'autres quand vient le temps de faire respecter l'ordre de vaccination établi. «Oui, il y a des différences», a admis le Dr Poirier. Il y a effectivement des décisions qui sont prises localement «en fonction des stocks de vaccins et du nombre de gens qui se présentent». En outre, a-t-il ajouté, «toutes les régions n'ont pas été prêtes le même jour à la même heure».
Le Dr Poirier a par ailleurs rappelé que la virulence de la grippe A (H1N1) n'avait pas changé depuis le printemps, «c'est-à-dire de sévérité faible à modérée».
Le vaccin sans adjuvant devrait être disponible pour les femmes enceintes à partir de «dimanche ou lundi prochain», a-t-il ajouté.
Mieux que la veille
Sur le terrain, à Québec, la vaccination se déroulait plus rondement que la veille. Aux Promenades Beauport, où des gens se faisaient dire que l'attente serait de huit heures lundi après-midi, «on a presque doublé notre cadence», témoignait mardi le coordonnateur du centre de vaccination de l'endroit, Louis Laberge. «Hier [lundi], on vaccinait environ 180?personnes à l'heure, alors qu'on est presque à 300 aujourd'hui [mardi].»
L'attente a été «coupée de moitié», dit-il, mais il fallait tout de même encore compter de trois heures à trois heures et demie pour se faire vacciner là-bas, selon ce que Le Soleil a pu constater. M. Laberge a spécifié que les familles se présentant avec un enfant de moins de quatre ans pourront également faire vacciner leurs enfants plus vieux, même si ceux-ci ne font pas partie des groupes devant être inoculés cette semaine.
L'attente a également été nettement moins longue à l'Université Laval, où la file ne s'est jamais rendue jusque dehors, mais il semble que c'était encore à ExpoCité que le délai était le plus court - environ 90 minutes quand Le Soleil s'y est présenté, vers 18h. À un point tel que la coordonnatrice de l'endroit, Raymonde Pépin, n'était même pas sûre d'adopter le système des coupons du ministre Bolduc. «Actuellement, on n'en sent pas le besoin, mais on va en discuter ce soir et on verra», a-t-elle dit.















