GSK dit avoir livré jusqu'à maintenant sept millions de doses de vaccin contre la grippe A (H1N1) au Canada. «Notre usine de Québec tourne à 100 %, 24 heures sur 24, sept jours sur sept», a fait savoir hier une porte-parole de la pharmaceutique, Marie-Christine Beauchemin.
GSK détient un contrat exclusif avec Santé Canada. La multinationale doit produire et livrer pour le gouvernement canadien plus de 50 millions de doses du vaccin contre la grippe A (H1N1) d'ici Noël.
Or, les données obtenues par Le Soleil démontrent que l'usine de vaccins de Québec de GSK peut fabriquer jusqu'à quatre millions de doses de vaccin par semaine.
Depuis le début de septembre, l'usine de GSK aurait ainsi produit plus de 32 millions de doses de vaccin contre la grippe A (H1N1). De quoi alimenter facilement le marché canadien qui en redemande par les temps qui courent.
Selon plusieurs sources, l'usine de GSK de Québec n'aurait pas servi seulement à alimenter le marché canadien ces dernières semaines. Des doses produites à Québec auraient également été expédiées aux États-Unis, notamment.
Selon nos informations, GSK aurait fait parvenir un nombre important de doses de vaccin au pays de l'Oncle Sam pour répondre à une forte demande des consommateurs au sud de la frontière.
Aux États-Unis, il faut savoir que le vaccin contre la grippe A (H1N1) est en vente libre dans les pharmacies. Le coût de chaque dose peut varier, mais pour environ 20 $US, un citoyen américain peut se faire vacciner par une infirmière qualifiée dans sa pharmacie préférée.
Hier, GSK a reconnu hier que la production et la formulation d'antigène destiné au vaccin canadien étaient terminées et que l'excédent était vendu à l'étranger. «Nous exportons en grande quantité l'antigène excédentaire pour répondre à la demande des marchés internationaux, dont l'Organisation mondiale de la santé», a souligné Mme Beauchemin.
Les doses d'antigènes produites à l'usine de GSK sont entreposées en stock en attendant d'être remplies dans des ampoules, toujours à l'usine de Québec.
GSK soutient avoir ralenti ces derniers jours sa production de vaccins avec adjuvant, destinés à la population en général, à la demande spécifique d'Ottawa.
Le fédéral aurait demandé à GSK de prioriser la production de vaccins sans adjuvant, préparés exclusivement pour les femmes enceintes. GSK dit avoir stoppé pour l'occasion une chaîne de production pour répondre à la demande d'Ottawa.
Un seul fournisseur?
De plus en plus de voix s'élèvent au pays pour que le gouvernement canadien transige dorénavant avec un deuxième fournisseur de vaccins, question d'éviter les longues files d'attente dans les centres de vaccination.
L'idée aurait même fait son bout de chemin ces derniers jours au sein du gouvernement Harper.
Hier, à la Chambre des communes, l'opposition a continué a dénoncer le contrat exclusif liant GSK au gouvernement canadien. L'opposition pense que le Canada devrait imiter les États-Unis et commander des vaccins auprès de plusieurs fournisseurs.
Le contrat d'exclusivité liant GSK avec Santé Canada est d'une durée de 10 ans (400 millions $) et a été signé en 2001. Il devrait prendre fin en 2011.
Rappelons qu'au niveau mondial, GSK a reçu 440 millions de commandes de doses de son vaccin contre la grippe A (H1N1), appelé également Pandemrix.
Cette avalanche de commandes aura des effets directs sur les finances de la pharmaceutique britannique cotée à la Bourse de Londres et à la Bourse de New York.
Au quatrième trimestre de 2009, GSK s'attend à voir ses ventes bondir de 1,6 milliard $US.
Hier, à la Bourse de New York, le titre de GSK a terminé la journée à 40,52 $US, en hausse de 6 ¢.












