Vingt-quatre heures après que le ministre de la Santé, Yves Bolduc, a affirmé que les écoles mettront en branle un plan pour transporter les élèves vers les centres de vaccination, aucune des trois commissions scolaires n'avait eu d'échanges formels à ce sujet avec les autorités hier, en fin de journée. «Nous n'avons eu aucun contact avec la Santé publique. C'est complexe à mettre en place, mais on ne peut pas identifier ce que ça représente si on ne sait pas ce qu'on nous demande», a indiqué France Michon, directrice générale adjointe à la commission scolaire des Découvreurs.
Même son de cloche à la Capitale et aux Premières-Seigneuries. Dans cette commission scolaire qui couvre l'ouest de Québec, on a toutefois commencé à étudier ce scénario. Une telle opération est possible mais doit être réglée au quart de tour, affirme le secrétaire général, Jean-François Parent. «Ça prend vraiment une bonne planification avec les centres de vaccination pour ne pas qu'il y ait de temps d'attente», a-t-il répété à plusieurs reprises.
Puisque des élèves prennent aussi l'autobus pour retourner à la maison pendant l'heure du midi, le transport scolaire ne serait disponible à certains endroits que pendant une assez courte période de temps.
Autorisation des parents
Côté logistique, la direction devra aussi s'assurer d'obtenir l'autorisation des parents. Du personnel devra rester à l'école pour surveiller les enfants à risque qui auraient déjà été vaccinés ou ceux dont les parents s'opposent à la vaccination.
Des questions se posent aussi pour la maternelle. «Est-ce qu'un jeune enfant ne serait pas plus rassuré s'il allait se faire vacciner avec ses parents plutôt qu'avec une enseignante pour 20 enfants? C'est une question qui nous préoccupe», ajoute Jean-François Parent.
Reste aussi la question des coûts. Qui ramassera la facture pour le transport scolaire? En point de presse hier, le directeur national de santé publique, le Dr?Alain Poirier, a affirmé que la question sera bientôt réglée. «Des rencontres ont lieu actuellement entre le ministère de l'Éducation et le ministère de la Santé. Ça va bon train», a-t-il indiqué.
À l'Agence de la santé de la Capitale-Nationale, on affirmait toujours hier que l'hypothèse du transport scolaire était «extrêmement sérieuse». «Au niveau logistique, il faut s'assurer d'amener les enfants à des heures très précises. On ne veut pas que nos vaccinateurs les attendent les bras croisés», explique le porte-parole Pierre Lafleur.
Plus de détails seront donnés en début de semaine prochaine, a-t-il ajouté. Dans la région, la vaccination des enfants de 5 à 17 ans est prévue à partir du 23 novembre.
Différent sur la Rive-Sud
À la commission scolaire des Navigateurs, sur la Rive-Sud, la situation est différente, puisque les enfants de 5 à 12 ans peuvent se faire vacciner depuis hier. «Le transport scolaire n'est pas vraiment envisagé pour le primaire», a affirmé Denise Dubois, directrice générale ajointe.
Au secondaire, l'option n'est pas écartée. «On va regarder le meilleur scénario possible avec la Santé publique, ajoute-t-elle. Si c'est la meilleure solution, on va le faire.»
Avec la collaboration de Valérie Gaudreau

















