«La courbe monte moins rapidement que ce à quoi on se serait attendu. C'est très rassurant», a indiqué hier la Dre Yolaine Galarneau, directrice de l'organisation des services de première ligne intégrés lors du point de presse quotidien des autorités de la santé.
«L'effet de plus d'un million de personnes vaccinées est un des éléments qui vient briser cette ascension, a-t-elle ajouté. C'est une personne sur sept qui devient une barrière à la propagation, c'est pas banal.»
Mais cela ne veut pas dire que la grippe est moins présente, précise toutefois la Dre Galarneau. «Le virus est très contagieux, mais les symptômes sont mineurs pour la majorité des cas.»
Pas trop de pression
Le système hospitalier respire donc bien, pour l'instant du moins. «Rien ne nous dit que la semaine prochaine nous n'aurons pas une hausse aiguë, prévient toutefois la Dre Galarneau. Mais pour l'instant, le virus se comporte comme au printemps, ce qui nous permet d'être confiants.»
Dans les hôpitaux, 5 % des lits sont présentement occupés par des gens atteints du virus H1N1. Pour la grippe saisonnière, ce taux tourne autour des 2,5 %. C'est donc deux fois plus, mais pas assez pour mettre véritablement de pression sur le réseau, poursuit la Dre Galarneau.
En principe, lorsque ce nombre atteint 10 % la situation devient problématique. «Ça nous met en alerte et on commence à réduire certaines activités hospitalières, reporter des chirurgies non urgentes.»
En date d'hier, 1217 personnes ont été hospitalisées pour la grippe A (H1N1) depuis le début de la seconde vague de la pandémie, le 30 août, dont 42 dans la région de la Capitale-Nationale et 21 dans la Chaudière-Appalaches. Ces deux régions ne comptent toujours aucun décès sur un total de 28 dans la province.
Au Québec, la quarantaine de cliniques exclusivement réservées aux gens présentant des symptômes de grippe aide aussi à dégager les urgences.
Difficile d'anticiper
De bonnes nouvelles, donc. Mais puisque les spécialistes de santé publique n'ont pas encore de boule de cristal dans leur mallette, difficile d'anticiper le comportement de la bibitte.
«Tant qu'il n'y a pas de plateau, on ne peut pas savoir si on a atteint un pic», explique la Dre Galarneau. Un plateau est observé lorsque plusieurs variables épidémiologiques montrent un ralentissement, voire une baisse du nombre de cas déclarés.
Depuis le début de la deuxième vague de pandémie, la troisième et la quatrième semaines de novembre ont souvent été ciblées comme le moment où la grippe devrait atteindre son sommet.
«Une vague de pandémie prend généralement 8 à 12 semaines à se déployer», explique le directeur national de santé publique, le Dr Alain Poirier.
«Ça fait déjà cinq ou six semaines qu'on a annoncé qu'on est dans la deuxième vague. Est-ce que nous sommes aujourd'hui dans la pire semaine? Honnêtement, c'est la première fois qu'on surveille d'aussi près un nouveau virus. Ce n'est pas facile à prévoir, mais plus vite ça va redescendre, mieux ce sera.»
Et peu importe la virulence du H1N1 cet automne, le virus pourrait se repointer le bout du nez après Noël, au moment où est généralement observé un pic dans la grippe saisonnière. La vaccination actuelle aidera donc à tuer dans l'oeuf une éventuelle troisième vague, selon la Dre Galarneau. «C'est ce qu'on espère. Puisque le virus n'a pas changé, on est certains que la vaccination a un impact.»













