La région de Québec relativement épargnée par la grippe

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Grippe A (H1N1)

[ Santé ]

Grippe A (H1N1)

Toute l'actualité sur la grippe A (H1N1), de même que ses impacts, tant dans la capitale et l'Est du Québec qu'ailleurs au pays et dans le monde. »

Baptiste Ricard-Châtelain
Le Soleil

(Québec) «La région de Québec est relativement épargnée [par la grippe]. On est en retard de 10 à 14 jours sur la Montérégie et Gatineau.»

Pas de panique, donc! lance le Dr Guy Boivin, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les virus en émergence et la résistance aux antiviraux du CHUL. La capitale s'en tire bien, les taux d'absentéisme dans les écoles sont assez bas, les décès rarissimes. «On n'a pas atteint le pic.» Tant mieux, se réjouit-il, la Santé publique locale dispose d'un sursis de deux ou trois semaines pour vacciner la population.

Au cours de notre entretien téléphonique, le spécialiste tenait vraiment à calmer le jeu : «On en met un peu trop. [...] Pour 95 % des gens qui attrapent la grippe A (H1N1), ça ne sera pas pire que la grippe habituelle.» Une semaine de nez dégoulinant, de muscles torturés, le cerveau embourbé dans le mucus!

«Peut-être que ce n'est pas le temps de sauter aux conclusions, mais c'est sûr que ce n'est pas la grippe espagnole de 1918-1919», tempère-t-il. Sûr que cette pandémie mythique a frappé l'imaginaire. «Mais ça ne veut pas dire que toutes les

pandémies, c'est un scénario catastrophe.»

Bon an, mal an, de 500 000 à 750 000 décès sont attribuables au virus saisonnier de la grippe dans le monde, dont plus ou moins 3000 au Canada. La dernière pandémie, en 1968, n'en a même pas terrassé deux fois plus?: 1 million, peut-être 1,5 million de morts, insiste-t-il.

L'actuelle vedette médiatique, le virus A (H1N1) n'a toutefois pas dit son dernier mot. La deuxième vague est en cours, une troisième suivra à la fin de l'hiver. L'histoire des pandémies révèle que ces épisodes sont généralement plus meurtriers que la première salve. Si le virus ne mute pas, l'immunisation reçue sera néanmoins efficace.

Même si la pandémie ne suit pas un scénario catastrophe, il demeure qu'une frange de la population est foudroyée par ce virus. Quatre ou cinq jours après le début de la grippe, ceux-là se retrouvent aux soins intensifs, entre la vie et la mort. «Ça, on n'est pas trop capable de se l'expliquer. On n'est pas capable de prédire qui a un système immunitaire qui s'emballera.» Voilà pourquoi la vaccination de masse se poursuit. Puisqu'on ne peut cibler les victimes potentielles, tout le monde est piqué afin de contenir la propagation.

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