Et il n'aura même pas besoin de puiser dans sa banque de congés de maladie puisque son employeur spécialisé dans la recherche clinique sur les médicaments lui accordera des congés rémunérés.
Dans sa malchance, l'employé n'aura pas non plus à courir après un médecin pour obtenir la confirmation qu'il est malade. «Pourquoi aller engorger le système de santé pour obtenir un billet de médecin? Nous nous fions à nos employés», explique la présidente et chef de la direction d'Anapharm, Johane Boucher-Champagne. Petites, grandes ou moyennes, les entreprises ont fourbi leurs armes pour affronter la grippe A (H1N1).
Anapharm (700 employés dont près de 450 à Québec) a révisé son plan de continuité des activités - adopté il y a deux ans - pour éviter la propagation du virus et pour être en mesure de maintenir ses activités advenant le cas où plusieurs de ses salariés tombaient au combat.
Les pratiques d'accueil des volontaires qui participent aux essais cliniques ont été resserrées. Les fournisseurs de l'entreprise sont fortement incités à adopter, eux aussi, des mesures assurant la poursuite de leurs activités. Une ligne téléphonique a été mise à la disposition des employés.
D'ailleurs, ces derniers sont invités à aller se faire vacciner. «Nous considérons qu'il serait non éthique de recommander à nos travailleurs de ne pas se faire vacciner», affirme Johane Boucher-Champagne.
De son côté, Teraxion (120 employés) a réuni des représentants des départements de production, des achats, de la gestion des bâtiments et des ressources humaines pour élaborer une démarche visant à assurer la continuité des activités. La stratégie a permis d'identifier les employés essentiels et de déterminer qui pourrait faire du télétravail à la maison. «Grâce à la polyvalence de plusieurs de nos travailleurs de production, nous estimons qu'ils pourront remplacer à pied levé un collègue malade», affirme Hélène Lachance, coordonnatrice des ressources humaines chez Teraxion, une entreprise spécialisée en optique.
«Pour les petites entreprises - n'oublions pas que 75 % des entreprises au Québec comptent cinq employés et moins - le processus est plus informel», expose Richard Fahey, premier vice-président du développement stratégique à la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante.
«Si quelqu'un tombe malade, c'est 20 % de la production qui prend le bord», mentionne-t-il, en soulignant que la plupart des PME ont mis des contenants de savon antiseptique à la disposition de leurs employés. «Ça peut paraître simpliste, mais une bonne hygiène constitue souvent la meilleure protection.»
Pour le moment, les entreprises ne sont pas confrontées à une vague d'absentéisme dans leurs rangs. «Sur 42 000 employés, nous avons moins d'un pour cent d'absences liées à la grippe. Nous sommes encore loin du déclenchement de mesures particulières de maintien ou de continuité des activités», signale Hélène Lavoie, conseillère à l'information chez Desjardins.












