Haïti: Labrousse, un village modèle

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Haïti: de l'espoir dans le chaos

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Haïti: de l'espoir dans le chaos

Sept mois après le séisme du 12 janvier, Haïti est toujours sous le choc. Malgré les promesses de milliards de dollars en aide internationale, rien ne semble avoir bougé dans la capitale, Port-au-Prince. Pourtant, des projets aux allures modestes de quatre ONG québécoises ont permis à des organisations locales de garder espoir en faisant avancer les choses avec quelques dizaines de milliers de dollars. »

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Les infirmières Maguedalie Princivil et Catherine Pierre s'occupent du suivi des enfants victimes de malnutrition.

Le Soleil, Yves Therrien

Yves Therrien
Le Soleil

(Haïti) Créer le village du millénaire, le village modèle pour Haïti, c'est le rêve qu'Alfred Étienne veut concrétiser par tous les moyens possibles et imaginables dans la communauté de Labrousse, au sud-ouest de Port-au-Prince, dans les montagnes près de la ville de Miragoâne. Coordonnateur général de la Fondation pour le développement économique et social (FODES-5), il entraîne dans son sillage des paysans qui croient que l'avenir leur appartient.

Alfred Étienne utilise une approche systémique qui contraste avec l'organisation chaotique de Port-au-Prince et le laisser-aller apparent du gouvernement haïtien. Lui, il s'organise pour faire de son agglomération paysanne un modèle d'organisation sur tous les plans: éducation, santé, agriculture.

Il vise la souveraineté alimentaire, c'est-à-dire produire suffisamment pour que chacun mange à sa faim, pour que chaque famille puisse s'assurer d'un revenu en vendant les surplus de production sur le marché local.

L'entreprise est gigantesque, mais les nombreux petits pas montrent que le projet progresse bien, soutient Alfred Étienne. Avec l'aide de divers bailleurs de fonds comme l'Agence canadienne de développement international et le ministère des Relations internationales, avec les organisations comme l'Union des producteurs agricoles développement international (UPA-DI), les OEuvres du cardinal Léger, Collaboration Saint-Jean-sur-le-Richelieu, FODES-5 organise une relance de l'agriculture en même temps qu'un projet pour contrer la malnutrition avec la participation de l'ONG québécoise Collaboration santé internationale (CSI).

Le premier grand projet a levé de terre en 2004 avec la construction d'une école accueillant 700 élèves. C'est lors de l'inauguration de l'édifice que les premiers contacts ont été établis avec CSI.

Un premier projet a été réalisé avec CSI en 2007-2008 pour la création de la résidence pour le médecin et le personnel infirmier alors qu'une partie du bâtiment servait de dispensaire. En 2010, un petit dispensaire a été construit dans un bâtiment indépendant tout à côté d'un plus gros édifice en construction qui deviendra plus tard un centre de santé.

FODES-5 organise des formations pour les paysans à raison de trois jours par mois avec les animateurs Ilda Marcelin et Jackson Faveur. Les paysans apprennent leurs droits et leurs devoirs de citoyen et le code rural haïtien. Quatre groupes réunissent 125 personnes dans ces formations.

Renforcement des capacités

Pour la relance de l'agriculture, on a mis en place une idée développée par la branche internationale de l'UPA en Afrique : Les savoirs des gens de la terre. «C'est un programme de renforcement des capacités qui permet aux gens de se prendre en main, précise Alfred Étienne. La formation dure de 8 à 12 mois pendant lesquels les gens font un portrait de leur milieu, des forces et des faiblesses en analysant ce qui peut être fait pour progresser. Après, ils sont capables de formuler un projet agricole.»

Une centaine de projets ont été déposés et analysés par les membres des groupements. Quatre-vingt-huit ont été retenus. Les responsables des projets ont obtenu de petits prêts (environ 500 $) à très faible taux d'intérêt et remboursables sur trois ans.

Il y a quatre groupements de paysans pour les 40 000 habitants du secteur. Les prêts sont remboursables au groupement dans un fonds rotatif qui pourra servir à lancer d'autres projets touchant l'élevage de chèvres, de poulets ou de porcs ou encore la culture de légumes et de céréales.

«Nous pensons même pouvoir générer des fonds pour les groupements afin de doter la région d'équipements collectifs, comme un moulin à maïs par exemple, explique Alfred Étienne. Tous ces projets choisis ont été évalués par les paysans eux-mêmes. Ils décidaient lesquels seraient rentables.»

Il s'agit d'un programme de développement intégré, car s'il y a plus de production agricole, les paysans auront plus pour se nourrir. Il y aura moins de cas de malnutrition. Les gens auront de l'argent pour d'autres projets personnels.

«Ce ne sont pas tant les montants que la capacité à réfléchir économiquement à des projets qui importe, affirme Alfred Étienne. FODES-5 ne vise pas qu'à construire des bâtisses, mais à aider les gens à réfléchir par eux-mêmes et à prendre des décisions pour leur mieux-être en agissant sur le changement des mentalités et des comportements.»

Un autre projet est sur les planches avec la fondation Gérin-Lajoie pour la formation professionnelle des jeunes dans des métiers utiles pour la communauté. Ils seront formés dans les milieux de travail sous le principe du maître et de l'apprenti.

Yves Therrien était l'invité de Coopération internationale Québec (regroupant L'AMIE, Aide aux aînés, Plan Nagua et Collaboration Santé internationale), qui assumait les frais de transport en Haïti et en République dominicaine entre le 15 et le 28 août. www.csiquebec.org/


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