C'est ce qui ressort des entrevues accordées au Soleil par M. Pelletier, dont nous publions mardi la 3e partie.
De Paul Martin, il retient le souvenir d'un «être méprisable», d'un «salaud». Quant à John Gomery, il le «soupçonne d'avoir eu des commandes politiques et d'avoir livré la marchandise».
Le plus grand regret de Jean Pelletier, c'est que le juge Max Teitelbaum de la Cour fédérale, qui a cassé les conclusions de Gomery à son endroit, en juin dernier, l'a fait dans un processus de révision judiciaire et ne s'est donc pas prononcé sur le fond de la question. Il a simplement statué que M. Gomery avait fait preuve de partialité. Or, Jean Pelletier aurait souhaité démontrer que le juge enquêteur a erré lorsqu'il lui a fait porter la responsabilité du dossier des commandites, alors que Jean Chrétien avait simplement déclaré à la commission qu'il avait la responsabilité de l'unité nationale.
Cet épisode de son passage à Ottawa ainsi que son congédiement de VIA Rail par le gouvernement Martin ont bouleversé sa vie. Il raconte avoir été humilié et injurié jusque dans les rues et les commerces du Québec, et avoir vu certains de ses amis l'éviter parce qu'ils le croyaient coupable.
«Quand j'ai commencé à gagner mes poursuites contre VIA Rail dans l'affaire de Myriam Bédard, là les gens ont dit : ?Coudonc, il est peut-être pas si coupable que ça?. Mais ce qui est sorti dans la presse, c'est le blâme».
Sur la liste d'ennemis de Paul martin
Les querelles de Paul Martin avec Jean Chrétien ont occupé une large part de ces entrevues. Jean Pelletier y révèle que, dès son arrivée à Ottawa, Paul Martin l'a invité à dîner au restaurant et lui a demandé s'il pouvait compter sur son appui. Il lui a répondu que sa loyauté irait à Jean Chrétien tant que ce dernier serait en poste. «À partir de là , il m'a mis sur sa liste d'ennemis.»
M. Pelletier dit avoir prévenu Paul Martin que ses magouilles pour forcer Chrétien à quitter auraient l'effet inverse. Il dit lui avoir conseillé d'attendre, mais en vain. «La semaine suivante, ses gens au comité exécutif du parti recommençaient à grenouiller.
«Je n'ai pour lui que du mépris. Et vous savez qu'un homme méprisable dans le dictionnaire Robert, il y a un mot pour cela. C'est un salaud. Et pour moi, Paul Martin, ça reste un salaud».





















