«J'ai pris la décision de quitter la commission pour assurer la sérénité» des travaux à venir, a déclaré Me Cimon au Soleil, mardi après-midi. Il venait tout juste d'en informer le commissaire Michel Bastarache.
Pierre Cimon était dans l'oeil de la tempête depuis que Le Devoir a révélé, la semaine dernière, qu'il a régulièrement contribué à la caisse électorale du PLQ depuis le milieu des années 80. Une information qui a incité le Parti québécois à réclamer sa démission et fait dire à Marc Bellemare, dont les allégations sont à l'origine de la création de cette commission, que la présence de Me Cimon était un véritable problème.
En entrevue, Pierre Cimon a confié avoir discuté de sa participation au financement du PLQ avec le commissaire Bastarache bien avant la polémique. L'un et l'autre n'y voyaient aucun problème, aucune source possible de «conflit d'intérêts».
«Contributions légitimes»
«On ne saurait discriminer une personne relativement à l'obtention d'un poste ou d'une fonction uniquement parce que cette personne a fait des contributions légales et légitimes à un parti politique», peut-on même lire dans un communiqué de presse publié par la commission mercredi dernier.
«Ce serait porter atteinte aux droits de cette personne en vertu de l'article 3 de la Charte canadienne des droits et libertés», ajoutait-on.
«Ç'aurait été impossible de travailler dans la sérénité», insiste Me Cimon pour expliquer une décision qu'il a prise lundi soir. «Je n'ai jamais eu d'activité politique. Je n'ai jamais fait partie du Parti libéral ou d'un autre parti. Je n'ai jamais été à des manifestations, des congrès ou des réunions politiques.»
Il dit avoir trouvé pénible «d'être soupçonné de possible corruption du seul fait» qu'il ait «exercé un droit démocratique».
«Débat partisan»
Affirmant être victime du débat partisan, M. Cimon juge que le «climat» était devenu «insupportable». Il assure que ses contributions au PLQ n'auraient jamais pu influencer son travail au sein de l'équipe Bastarache. «Pensez-vous que, parce que je donne au Parti libéral, tout à coup, je deviendrais menteur, hypocrite et que je cacherais la vérité? S'il y a une chose à laquelle je crois, c'est le système judiciaire. Je serais le premier à dénoncer les mics-macs ou les magouilles.»
En tant que procureur en chef de la commission Bastarache, Pierre Cimon était en quelque sorte le pilier central de l'enquête publique.
Selon un décret publié par le gouvernement à la mi-avril, le mandat de la commission Bastarache est d'«enquêter sur les allégations formulées par Me Marc Bellemare concernant le processus de nomination des juges de la Cour du Québec, notamment en regard de l'influence qu'auraient exercée de tierces personnes». Michel Bastarache devra formuler des recommandations, non seulement en ce qui a trait aux nominations à la Cour du Québec, mais aussi à celles des cours municipales, ainsi qu'à celles des membres du Tribunal administratif du Québec.
Avec La Presse Canadienne

























