Franco Fava promet des révélations

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L'affaire Bellemare

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L'affaire Bellemare

L'ancien ministre de la Justice Marc Bellemare affirme avoir été témoin de pratiques douteuses dans le financement du Parti libéral du Québec et dans le processus de nomination des juges. »

Franco Fava soutient que Vision Québec, l'ancien parti... (Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche)

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Franco Fava soutient que Vision Québec, l'ancien parti municipal de Marc Bellemare, a sollicité son aide deux ans après les «pressions indues» aujourd'hui reprochées par l'ex-ministre de la Justice.

Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche

Simon Boivin
Le Soleil

(Québec) Le collecteur libéral Franco Fava dévoilera des noms pour prouver qu'il a bel et bien été approché par Vision Québec, l'ancien parti municipal de Marc Bellemare, pour du financement en 2005.

À la mi-avril, Le Soleil a publié une version de M. Fava qui soutient que Vision Québec a sollicité son aide deux ans après les «pressions indues» aujourd'hui reprochées par M. Bellemare. Comme il l'avait fait en avril, l'ex-ministre de la Justice a nié cette information devant la commission Bastarache, mercredi.

«Moi, je n'ai pas invité M. Fava et je ne me souviens pas de l'avoir vu dans une rencontre politique», a-t-il déclaré.

M. Fava a soutenu avoir assisté à une réunion de Vision Québec avec une vingtaine de personnes dans un restaurant du boulevard Laurier. M. Bellemare y aurait exposé un plan de financement «irréaliste». «Je l'ai reviré de bord», a affirmé M. Fava en avril.

«Hâte de témoigner»

Jeudi, M. Fava a refusé de donner au Soleil le nom de personnes qui pourraient corroborer sa version parce que «ça va sortir effectivement à la commission lors de mon témoignage». «Je ne peux pas vous dévoiler une partie du témoignage que je vais faire», a-t-il indiqué. Il s'est refusé à tout autre commentaire, sinon pour dire qu'il «a hâte de pouvoir témoigner».

Les talents de M. Fava - un entrepreneur en construction - en matière de financement politique sont reconnus de tous. Il n'a par contre pas donné un seul sou de son propre argent au Parti libéral du Québec depuis 2002, selon le registre des donateurs du Directeur général des élections.

Jeudi, le premier ministre du Québec, Jean Charest, n'a pas fait grand cas d'une entrevue donnée par un ex-sous-ministre adjoint à la Justice, Georges Lalande, sur les ondes de la radio montréalaise 98,5 FM. Mercredi, M. Lalande a semblé corroborer la version de Marc Bellemare sur les pressions de M. Fava pour faire nommer des juges. «M. Lalande aura l'occasion d'aller témoigner sous serment comme les autres», a réagi M. Charest.

Le premier ministre ne croit pas avoir commis d'impair avec sa sortie publique pour nier des affirmations de son ancien ministre avant de le faire devant le commissaire Bastarache.

«Je me réserve le droit, si je pense que les circonstances l'exigent, d'intervenir» à nouveau, a dit M. Charest. Il refuse par ailleurs de commenter les sondages qui accordent à M. Bellemare le plus de crédibilité dans leur bras de fer.

Les libéraux derrière leur chef

Les différents députés et ministres interrogés à l'entrée d'un caucus libéral ont tous réitéré leur confiance en M. Charest.

«M. Bellemare commence à être beaucoup dans la contradiction», a commenté le député David Whissell, sans identifier lesdites contradictions.

Le whip en chef Pierre Moreau a exhorté à attendre l'ensemble des témoignages avant de se faire une opinion. «Aujourd'hui, on est en train de faire un procès d'intention, a-t-il affirmé. On est en train d'essayer de fixer l'opinion des Québécois sur une commission qui n'a entendu qu'un seul témoin qui n'a pas été contre-interrogé.»

La commission Bastarache a rendu publique jeudi la liste de ceux, outre M. Bellemare, qui défileront à la barre des témoins la semaine prochaine. Parmi eux, Pierre Legendre, ex-coordonnateur à la sélection des juges de 1994 à 2003. Le nom du frère de l'ex-député péquiste Richard Legendre a fait couler de l'encre lors de son congédiement controversé, en 2003.

Il y aura aussi la coordonnatrice actuelle à la sélection, Andrée Giguère, une autre qui a occupé le poste par intérim, Nicole Breton, et la juge en chef de la Cour du Québec de 1996 à 2003, Huguette Saint-Louis.

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