Quelques trous de mémoire pour Jean Charest

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L'affaire Bellemare

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L'affaire Bellemare

L'ancien ministre de la Justice Marc Bellemare affirme avoir été témoin de pratiques douteuses dans le financement du Parti libéral du Québec et dans le processus de nomination des juges. »

Jean Charest n'a pas souvenir de la durée... (Archives La Presse Canadienne)

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Jean Charest n'a pas souvenir de la durée des réunions, ni de qui pouvait y assister.

Archives La Presse Canadienne

Simon Boivin
Le Soleil

(Québec) Au coeur de l'été, lorsqu'il a été interrogé, Jean Charest ne se rappelait pas avec précision toutes les rencontres évoquées par Marc Bellemare au cours des derniers jours.

L'avocat de Me Bellemare, Jean-François Bertrand, avait jusqu'à jeudi pour déposer sa défense écrite à la poursuite de 700 000 $ en diffamation intentée par Jean Charest. Outre l'argumentaire, le document dévoile une partie - celle choisie par le camp Bellemare - de l'interrogatoire préalable subi par M. Charest en juillet dernier.

Dans un moment singulier, M. Charest avait laissé derrière lui ses gardes du corps pour se présenter au palais de justice de Québec en citoyen sûr de son droit.

La transcription laisse paraître un Jean Charest moins affirmatif que M. Bellemare dans les dates et les sujets abordés lors de leurs rencontres. Notons toutefois qu'à ce moment, il est dit que certaines vérifications à l'agenda du premier ministre n'ont pas encore été encore faites. Et que cette semaine, l'avocat de M. Charest, Me André Ryan, a en fait énuméré plus de rencontres ou de conversations entre les deux hommes que M. Bellemare ne l'a fait initialement.

Le premier ministre évoque la rencontre du 2 mai 2003, où il a été question de la fille de M. Bellemare et d'une possible démission. Il parle aussi du 29 mars 2004, lorsque l'ex-ministre a dû faire son deuil de sa réforme des tribunaux administratifs. Rien sur les réunions du 2 septembre 2003 et du 8 janvier 2010, où M. Bellemare aurait dénoncé les pressions des collecteurs Franco Fava et Charles Rondeau.

«M. Bellemare, de mémoire, est venu me rencontrer à quelques reprises pour me parler de dossiers qui relevaient du ministère de la Justice, évoque M. Charest. [...] Évidemment, il avait des frustrations sur l'avancement de ses projets de loi.»

Souvenirs vagues

Il n'est pas toujours en mesure d'identifier à quel endroit les rencontres ont pu avoir lieu. «C'est possible qu'on se soit rencontrés, mais où? s'interroge-t-il. Je n'ai pas la mémoire des rencontres à Montréal.»

Le premier ministre se souvient «vaguement» du 27 avril 2004, lorsque M. Bellemare est venu lui remettre sa démission. «C'est une affaire plutôt triste», dit-il. Il n'arrive pas à se remémorer un échange avec M. Bellemare au buffet du Conseil des ministres.

Le premier ministre se souvient par contre d'une discussion sur la nomination d'un nouveau juge en chef de la Cour du Québec. «Il y a eu d'autres rencontres, mais je n'ai pas les dates», affirme-t-il.

Il n'a pas souvenir de la durée des réunions, ni de qui pouvait y assister. «Habituellement, il y a quelqu'un avec moi dans les rencontres à moins que la personne demande d'être seule, indique M. Charest. Ça arrive aussi.»

Chose certaine, il a maintenu qu'il n'a pas été question d'irrégularités dans le financement du Parti libéral du Québec avec M. Bellemare. «Est-ce qu'il m'a dit : "Dans le financement, il y a des choses qui ne sont pas correctes ou des choses illégales"? Je n'ai pas souvenir de ça.»


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