Plus d'une quinzaine de mines artisanales ont été enfouies sous les routes de Kandahar, rapporte le général Abdul Bashir Salihzai, commandant de l'armée afghane dans la province. Pendant que les militaires s'affairaient à désamorcer ces engins, deux groupes d'insurgés ont pris position au nord et au sud de la ville pour y faire pleuvoir des roquettes.
Pendant une partie de la journée, des explosions ont pu se faire entendre sporadiquement dans Kandahar où Le Soleil se trouvait. «Les talibans ont multiplié les attaques pour essayer d'empêcher les gens de voter», a résumé le général à la proéminente moustache en brosse.
Les roquettes lancées sur Kandahar ont fait deux morts en avant-midi, dont une femme qui se trouvait dans sa maison. L'obus qui l'a fauchée a également blessé au passage ses deux enfants.
Chef de la police dans la province, le général Noorzai Mirwais a tenté de minimiser l'impact obtenu par les attaques des insurgés. «Les Afghans ont subi 30 ans de guerre, ils sont habitués à ça», a-t-il dit en montrant son doigt couvert d'encre bleue, preuve de sa participation à l'élection.
Reste que la Commission électorale appréhende un taux de participation en baisse, même si aucun résultat ne devrait être disponible avant plusieurs jours. «Les gens entendent depuis des mois les talibans dire que s'ils prennent les gens avec un doigt bleu, ils vont les tuer. C'est pourquoi les gens sont plus réticents à venir voter. Oui, il y a moins de monde qu'à la dernière élection», a confirmé Toryalai Ghaznavi, porte-parole de la Commission électorale indépendante d'Afghanistan (CEIA) dans Kandahar.
Les bureaux de vote de la ville sont restés bien peu achalandés durant la matinée, les électeurs ayant probablement voulu attendre de voir si les talibans passeraient de la parole aux actes en cette journée électorale. Même si quelques déflagrations se faisaient toujours entendre à l'heure du dîner, les électeurs ont profité de l'après-midi pour se rendre aux urnes en plus grand nombre, a indiqué M. Ghaznavi, rencontré non loin du palais du gouverneur.
Insécurité
Dans le reste de la province de Kandahar, l'insécurité aurait toutefois incité les femmes à ne pas se rendre aux urnes dans les districts chaudement disputés aux insurgés par les Canadiens depuis 2006, soit Panjwai, Zhari et Maiwand.
D'ailleurs, des combats ont éclaté dans certains de ces districts, forçant la fermeture de deux des 262 bureaux de vote ouverts jeudi dans la province. À ces deux centres, on pourrait toutefois en ajouter 10 autres que la CEIA planifiait d'ouvrir, mais
qui ont été abandonnés voilà quelques jours en raison des problèmes de sécurité.
Les violences qui ont touché la province de Kandahar jeudi ont en fait affecté tout le sud du pays. Dans Helmand, 10 roquettes ont été lancées sur la ville de Musa Qalat, attaque dans laquelle sept personnes seraient mortes, selon Toryalai Ghaznavi. Des combats ont également éclaté dans la province de Nimroz, quoique aucun bilan n'était disponible.
Karzaï désavantagé
Toutes ces difficultés pourraient mener à un faible taux de participation dans le sud du pays. Une mauvaise nouvelle pour Hamid Karzaï qui puise une importante partie de ses appuis dans cette région. Le président sortant pourrait ainsi échouer à atteindre dès le premier tour la barre des 50 % nécessaires pour conserver son poste. Un deuxième tour pourrait ainsi être nécessaire entre lui et le deuxième parmi les 41 candidats en lice.
Les premiers résultats sont attendus demain, mais les résultats préliminaires officiels ne seront annoncés que le 3 septembre.














