Cacouna: un porc-épic chez les tortues

  • Taille du texte
  • Imprimer
  • Envoyer

    Vous pouvez indiquer plusieurs adresses séparées par des virgules.

    Le commentaire peut contenir un maximum de 1500 caractères.

    Transfert des données
    Merci:

    Votre message a bien été envoyé!

    Pour envoyer à d'autres amis, cliquez ici

Dossiers»

Noms intrigants

[ Société ]

Noms intrigants

Entrer dans une ville par son nom, c'est entrer par la porte de l'histoire. Le Soleil vous propose chaque dimanche, pendant huit semaines, une incursion dans l'étonnant monde de la toponymie. Suivez le guide! »

Cacouna: un porc-épic chez les tortues

Agrandir

La maison Benjamin Dionne

Photothèque Le Soleil

Jean-François Cliche
Le Soleil

(Québec) Commençons par une banale évidence : l'origine du toponyme Cacouna est amérindienne. Tout le monde le sait, ou s'en doutait. Mais c'est la seule chose qui soit sûre au sujet de ce nom de village à la sonorité singulière, car, pour le reste, il faudrait inventer un animal transgénique, mi-tortue, mi-porc-épic, pour réconcilier les différentes hypothèses.

Habité par quelques familles dès 1721, selon la Commission de toponymie du Québec (CTQ), Cacouna vit arriver quelques décennies plus tard des Acadiens qui fuyaient la déportation. L'Angleterre, on s'en souvient, a conquis l'Acadie dès 1713 et déporta des milliers d'Acadiens à la veille de la guerre de Sept Ans (1756-1763), de peur qu'ils ne se liguent avec la France dans le conflit qui s'en venait. Des milliers d'autres quittèrent l'Acadie pour diverses destinations, dont la vallée du Saint-Laurent.

Il fallut attendre un demi-siècle après la Conquête pour que le patelin prenne pour ainsi dire «officiellement» le nom de Cacouna, quand l'endroit obtint «sa» paroisse. Selon l'ouvrage de Jean-Charles Fortin et al. Histoire du Bas-Saint-Laurent, en effet, les autorités britanniques étaient réticentes à reconnaître les nouvelles paroisses catholiques. Saint-Georges-de-Cacouna finit tout de même par être érigée canoniquement en 1825.

«Saint-Georges»? Le saint patron de l'Angleterre fit son apparition dans le décor du Bas-Saint-Laurent à la demande d'un grand propriétaire foncier des environs de Cacouna, Malcolm Fraser (1733-1815), un officier britannique à qui le gouverneur James Murray avait accordé 3000 acres de terre proche de sa seigneurie de Rivière-du-Loup. Fraser aurait fait cette demande à l'archevêque Joseph-Octave Plessis, d'après le site de la Commission.

L'origine du mot Cacouna est cependant plus controversée. L'interprétation «classique», selon la description qu'en fait la CTQ, le ferait remonter au cri kakoua, «porc-épic», et nak, «demeure» - donc «demeure du porc-épic». Mais il y a fort à parier que bien peu de Cris, nation du pourtour de la baie James, avaient mis les pieds à Cacouna au XIXe siècle.

Il est possible que l'origine soit montagnaise, puisque les Innus parlent une langue de la famille algonquienne, comme les Cris. Le mot porc-épic se dit simplement kaku en innu, souligne le site de la Commission, et les Montagnais, sur la Côte-Nord, ont toujours été beaucoup plus proches de Cacouna que les Cris. Les auteurs d'Histoire du Bas-Saint-Laurent, en tout cas, penchent de ce côté, rappelant que les Montagnais s'appelaient eux-mêmes kakuchak, les «porcs-épics», et que le nom Cacouna en perpétue le souvenir.

En outre, soulignent ces historiens, les Innus étaient «l'un des principaux groupes amérindiens présents au Bas-Saint-Laurent au XVIIe siècle». On pourrait également ajouter qu'ils étaient des alliés importants des Français et qu'ils ont ainsi pu, sans le vouloir, «imposer» leur toponymie au détriment de celle des Malécites, les autochtones les plus traditionnellement associés environ.

Et c'est justement parce que cette nation vit dans la région depuis des temps immémoriaux que la Commission de toponymie juge quant à elle «plus sûr» de faire remonter Cacouna à un terme malécite, kakona, «tortue».

À faire et à voir

À l'eau canard

La Route bleue du sud de l'estuaire est un réseau de 95 sites riverains (points de mise à l'eau, campings, abris d'urgence, etc.) entre Berthier-sur-Mer et Les Méchins. Elle permet de parcourir environ 400 km du Saint-Laurent en kayak de mer ou dans de petites embarcations. Info : www.rbse.ca

Beaux villages du Québec

Cacouna fait partie de l'Association des plus beaux villages du Québec, laquelle offre différentes idées de circuits sur son site : www.beauxvillages.qc.ca.

Culture malécite

En plus de désigner le village, Cacouna est aussi le nom de la réserve des Amérindiens malécites de Viger, bien que celle-ci soit extrêmement exiguë. La maison Denis-Launière, en particulier, permet de mieux connaître l'histoire de ce peuple qui vivait de la culture du maïs, de chasse et de pêche. Info : www.malecites.ca

Trésor secret

Située un peu en aval de Cacouna, l'Isle-Verte est parfois décrite comme le secret le mieux gardé du Bas-Saint-Laurent. On y trouve, entre autres, une réserve nationale de faune et des morceaux d'histoire, comme un ancien palais de justice du XIXe siècle.

Autre source :

YVON DESLOGES. «Fraser, Malcolm», Dictionnaire biographique du Canada en ligne, 2000. www.biographi.ca

Cyberpresse vous suggère

publicité

la liste:246:liste;la boite:267:box

Aujourd'hui sur Lapresse.ca

Précédent

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Les plus populaires sur Auto

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

image title
Fermer