De moins en moins de francophones dans la marine canadienne

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Pirates des temps modernes
Pirates des temps modernes

Au large des côtes de la Somalie, des pirates des temps modernes ont multiplié les attaques au cours de la dernière année. Pendant deux semaines, Le Soleil sera à bord du NCSM Fredericton, une frégate de la marine canadienne qui patrouille le golfe d'Aden et l'océan Indien pour sécuriser les lieux, tout comme d'autres navires de guerre de l'OTAN. »

Selon Éric Isabelle, un officier de quart originaire... (Le Soleil, Daphnée Dion-Viens)

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Selon Éric Isabelle, un officier de quart originaire de Montmagny, les militaires qui parlent français doivent étudier davantage pour réussir dans la marine.

Le Soleil, Daphnée Dion-Viens

Daphnée Dion-Viens
Le Soleil

(À bord du NCSM Fredericton) Depuis 2000, la proportion de francophones a diminué dans la marine, passant de 18 % à 14,5 % aujourd'hui, selon les chiffres des Forces canadiennes.

Dans les couloirs du NCSM Fredericton, la langue de Molière résonne peu. L'équipage compte seulement une vingtaine de francophones - sur 251 personnes - et tout le travail se déroule en anglais. Une seule des 12 frégates de la marine canadienne, le NCSM Ville de Québec, regroupe une forte proportion de francophones.

«Depuis quelques années, la marine fait face à des défis au niveau du recrutement, ce qui a affecté le nombre de marins en général et aussi le nombre de francophones présents dans ses rangs», indique une porte-parole des Forces à Ottawa, Josée Bilodeau. La marine compte présentement près de 12 000 militaires, dont 1600 francophones.

Dans la réserve, la proportion de francophones est toutefois plus élevée. On en retrouve 22 % - 940 sur 4300 réservistes - dans les six unités de la Réserve navale, dont le quartier général est basé à Québec, dans le bassin Louise.

Un peu plus difficile

Marc Larouche s'est enrôlé dans la marine en 1990. Originaire du Saguenay, ce maître de 2e classe a vu le français perdre du terrain au cours des dernières années. «Il n'y a plus autant de francophones qu'avant. Même à bord du NCSM Ville de Québec, ça paraît. On a de plus en plus de difficulté à recruter parce qu'on n'est pas très visible», lance-t-il, alors qu'il était venu prendre l'air sur le pont extérieur du navire entre deux quarts de travail.

Même si des cours d'anglais sont offerts aux francophones qui s'enrôlent dans les Forces, le jargon de la marine peut en rebuter plusieurs. «C'est plus dur à cause des termes techniques qui sont tous en anglais», affirme le lieutenant de vaisseau Philippe Nault. «Il faut étudier un peu plus fort», ajoute de son côté Éric Isabelle, un officier de quart originaire de Montmagny.

Le jeune homme de 24 ans a toutefois tenu à apprendre aussi le jargon de la marine dans sa langue maternelle et se fait un devoir d'utiliser les bons termes en français.

Selon lui, il n'y a pas vraiment de rivalité entre francophones et anglophones à bord du navire. «Je pense que la rivalité est plus forte entre l'armée de terre et la marine», lance-t-il en riant.

Même son de cloche de la part de Marc Larouche, qui ajoute toutefois que les francophones se font toujours taquiner un peu. «On s'est fait appeler les "Frenchies" pendant longtemps. Mais la langue, c'est juste un autre prétexte pour se moquer. On a tous le même linge et la même coupe de cheveux, il faut bien trouver autre chose pour s'écoeurer!»

 

Les repas et le logement à bord du NCSM Fredericton sont défrayés par l'armée canadienne. Les autres frais sont assumés par Le Soleil.

 

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