Des déchets à la mer!

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Pirates des temps modernes
Pirates des temps modernes

Au large des côtes de la Somalie, des pirates des temps modernes ont multiplié les attaques au cours de la dernière année. Pendant deux semaines, Le Soleil sera à bord du NCSM Fredericton, une frégate de la marine canadienne qui patrouille le golfe d'Aden et l'océan Indien pour sécuriser les lieux, tout comme d'autres navires de guerre de l'OTAN. »

Sur le pont supérieur, le maître de 2e... (Le Soleil, Daphnée Dion-Viens)

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Sur le pont supérieur, le maître de 2e classe Nelson Lillington transporte du papier qui sera déchiqueté et transformé en pulpe avant d'être jeté à la mer.

Le Soleil, Daphnée Dion-Viens

Daphnée Dion-Viens
Le Soleil

(À bord du NCSM Fredericton) Il y a 20 ans, tous les déchets des navires de la marine canadienne étaient littéralement jetés par-dessus bord. Mais les temps ont bien changé. À bord du NCSM Fredericton, l'équipage se livre à une gestion serrée des déchets, une tâche essentielle dans une frégate où l'espace est réduit au minimum. Après avoir été traités, la plupart des déchets finissent toutefois... toujours à la mer.

Il doit bien faire 35 degrés dans la petite pièce où s'active le matelot de 1re classe Gordon Rittwage. À l'intérieur flotte une odeur de plastique brûlé. Pas étonnant, puisque c'est ici que les déchets de plastique sont chauffés et compressés, un procédé qui permet d'économiser énormément d'espace à bord. Chaque jour, une dizaine de rondelles de plastique sont produites et empilées dans une autre pièce, jusqu'à ce que le navire atteigne le prochain port.

«Avec 250 personnes à bord, nous produisons beaucoup de déchets, admet le lieutenant de vaisseau Glenn Russell, l'officier en charge des dossiers environnementaux. Mais nous tentons de réduire ces déchets au minimum et de gérer la place qu'ils occupent sur le navire.»

L'espace servant à entreposer les déchets serait rempli en une seule journée si les déchets à bord n'étaient pas transformés, ajoute-t-il.

Les marins ont appris à trier leurs déchets bien avant plusieurs Québécois. Depuis une dizaine d'années, les déchets sont rigoureusement séparés à bord des navires de la marine. Dans la cantine des matelots, on retrouve un contenant pour le plastique, un autre pour le papier, un autre pour les restes de table et, finalement, une poubelle pour les autres déchets.

Mais certains de ces déchets se retrouvent tout de même à la mer, après avoir toutefois subi quelques manipulations. Le tout, conformément à la Convention internationale pour la prévention de la pollution par les navires, affirme-t-on à bord.

Dans le golfe d'Aden, le papier est jeté par-dessus bord, mais il est d'abord déchiqueté et réduit en pulpe, ce qui accélère sa décomposition, explique l'officier Russell. «De cette façon, le papier se biodégrade en moins de 30 jours», dit-il.

Les eaux usées sont aussi traitées avant d'être jetées par-dessus bord. Grâce à différents procédés, l'eau est purifiée à 99 % avant d'être rejetée à la mer, affirme l'officier Russell. Les restes de table sont broyés et traités avec les eaux usées. Le métal est réduit en poudre et peut être balancé par-dessus bord si l'équipage manque d'espace sur le navire.

En route vers le recyclage?

D'autres déchets, comme les cannettes de boissons gazeuses, sont écrasés et empilés dans une autre pièce avant d'arriver au prochain port. Mais impossible toutefois de garantir que ces cannettes seront bel et bien recyclées comme ce serait le cas chez nous.

«Dans un port étranger, nous n'avons malheureusement aucun contrôle sur ce qu'ils font avec nos déchets», admet Glenn Russell.

À bord, la consommation d'eau est aussi strictement contrôlée. Un système de purification permet de transformer l'eau salée en eau potable, vitale au bon fonctionnement du navire. Les militaires doivent s'assurer qu'aucune goutte n'est gaspillée. On leur demande d'ailleurs d'éviter de laisser couler l'eau en se savonnant sous la douche.

Chaque nouveau membre de l'équipage doit d'ailleurs signer un formulaire en arrivant sur le navire, s'engageant à respecter ces consignes environnementales.

 

 

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