Le Corsaire microbrasserie: vivre d'amour... et de bière!

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Profession: entrepreneur
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Cet automne, la section Affaires suivra pas à pas quatre jeunes entreprises de la région de Québec pour raconter les difficultés mais aussi les bons moments dans les premières années d'un projet qui deviendra une réalité. Après consultation avec des experts dans le démarrage d'entreprises, Le Soleil a choisi de suivre Corsaire Microbrasserie, Ferme Québec-Oies, Achigan Écodesign et Kalia. »

«Pour vendre de la bière, il faut accommoder... (Photothèque Le Soleil)

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«Pour vendre de la bière, il faut accommoder les gens», croit fermement Julie Gagnon.

Photothèque Le Soleil

Louis Tanguay
Le Soleil

(Québec) Une microbrasserie, bien qu'étant d'abord un lieu où on brasse et déguste les produits maison, ne peut pas vivre que de bière.

C'est aussi un lieu où les gens aiment échanger et veulent souvent associer les vertus de leurs boissons préférées à des aliments qui s'y marient bien.

Julie Gagnon, pour avoir vécu toute sa carrière dans le milieu de la restauration et des bars, a longtemps déploré que les travailleurs nocturnes se retrouvent face à un choix de repas chaud souvent limité aux burgers et à la poutine, parce que les autres cuisines ferment à 22h.

Maintenant associée responsable de l'animation et de la restauration chez Le Corsaire microbrasserie à Lévis, elle s'est attaquée à cette lacune en pensant ne serait-ce qu'aux employés de Chantiers Davie qui finissent leur quart à minuit. «Pour vendre de la bière, il faut accommoder les gens.»

Jusqu'à la fermeture, la maison offre donc des fougasses originales et des pizzas.

À l'heure du midi cet automne, ce sont les choucroutes avec saucisses de gibier qui font fureur, à côté de quelques plats mijotés. «La popularité de ces menus m'a dépassée», affirme Mme Gagnon.

Depuis 10 ans, dit-elle, les goûts culinaires des amateurs de bière ont grandement évolué. «Il ne faut pas s'acharner à développer ce qu'on pense que les clients devraient apprécier, mais ce qu'ils demandent, et je m'adapte.»

Elle et sa chef en cuisine Claudine Haspy n'hésitent donc plus à proposer des charcuteries spéciales ou des associations originales de bière et de fromages qu'elles se font un point d'honneur de choisir exclusivement au Québec. Même leur cheddar vient d'un fournisseur de Bellechasse.

Il y a quelques années, personne n'aurait osé associer une bière noire et du chocolat artisanal.

Le leur provient maintenant de Lotbinière.

La clientèle du Corsaire est très diversifiée et ça va de soi, dit Mme Gagnon. Les amateurs de bière âgés de 50 ans et plus se sont initiés au houblon prononcé à l'époque où des bières relativement goûteuses comme la Labatt 50 avaient la haute cote.

Les gens de différentes générations sont donc ouverts à échanger sur leurs goûts personnels. La bière reste un élément «rassembleur», dit la spécialiste, aussi bien dans son établissement que dans les autres microbrasseries de la région.

Les spectacles

Au cours du mois d'octobre, Julie Gagnon a été très occupée à organiser des activités de dégustation à l'extérieur des murs de son établissement, pour des groupes ou des organismes caritatifs. Ça l'a forcée à délaisser la programmation de spectacles, mais elle s'y est remise en repensant l'offre. Au départ, des groupes de musique blues et rock étaient invités à jouer à compter de 22h les mercredis soir.

«Je n'ai pas encore trouvé la formule gagnante», dit-elle, mais le début des spectacles du mercredi sera devancé à 20h et, pour les 5 à 7 de fin de semaine, l'accent sera mis sur le folk, le reggae et la musique du monde, plus propices aux conversations.

La Rive-Sud avait déjà quelques salles de spectacles intéressantes avec l'Anglicane et le Vieux Bureau de poste de Saint-Romuald. Mais des bars-spectacles, il n'y en a pas tant que ça dans la région de Québec.

L'intérêt vient aussi des artistes. Tellement que Mme Gagnon croit le moment bientôt venu de confier à quelqu'un d'autre le soin d'une première écoute de tous les démos qu'elle reçoit de groupes désireux de se produire dans son pub, qui offre 120 places assises.

Acheter un camion ?

Chaque semaine, depuis le début de l'automne, deux à trois nouveaux commerçants manifestent leur intérêt pour vendre les bières de la seule microbrasserie de Lévis. La production ne peut pas être augmentée avec les équipements actuels et il n'est surtout pas question de réduire les temps de fermentation des différents produits pour augmenter les livraisons. Mais la distribution pourrait être mieux structurée et les associés envisagent l'achat d'un camion et l'embauche d'un livreur qui s'occuperait d'approvisionner les points de vente plus efficacement sur une base de territoires.

 

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