Une enquête du Soleil publiée hier révèle plusieurs inexactitudes dans le curriculum vitae de celui qui avait été présenté comme le «psychanalyste des marques» : nature de son doctorat, importance d'un livre «référence» pratiquement introuvable, travail «limité» auprès d'enfants autistes.
Confronté, Clotaire Rapaille a même reconnu en entrevue ne pas avoir travaillé pour le gouvernement français dans les années 70, comme il le mentionne pourtant dans sa liste de clients. De plus, alors qu'il affirmait avoir travaillé pour des villes, il a avoué ne jamais avoir refait l'image d'une cité, tâche pour laquelle Québec lui verse un salaire de 250 000 $ et lui alloue des dépenses de 20 000 $ (notamment une chambre au Château Frontenac).
Le maire Labeaume a préféré attendre de confronter le consultant en marketing sur les informations du Soleil avant de commenter. «C'est certain que le maire a été ébranlé par toutes ces révélations. C'est certain qu'il va demander des explications», a indiqué son attaché de presse, Paul-Christian Nolin. Et d'ajouter qu'«il y a plusieurs révélations plutôt troublantes, d'où la nécessité d'avoir une bonne discussion avec M. Rapaille».
Rapaille filtré?
L'enquête menée par Le Soleil soulève évidemment d'importantes questions sur les vérifications effectuées avant l'embauche du Français naturalisé américain. L'administration Labeaume admet que ses vérifications ont été probablement insuffisantes. «Chaque fois qu'on posait des questions, il nous donnait des références. Mais c'est certain que la réputation... Les gens de PÔLE [Québec Chaudière-Appalaches] nous l'avaient présenté. Ils avaient eu des échos positifs. On avait des échos positifs de notre côté. Par conséquent, on ne s'est peut-être pas méfiés autant qu'on aurait dû», a indiqué Paul-Christian Nolin.
Au-delà des inexactitudes dans son curriculum vitae et sa liste de clients, M. Rapaille a reconnu avoir exagéré plusieurs histoires, dont ses souvenirs de la Seconde Guerre mondiale. Il a expliqué s'être forgé une image flamboyante dans les années 70 pour se faire embaucher par les entreprises.
Recours possibles examinés
Québec est à étudier ses recours contre son consultant. Son contrat spécifiait que la moitié de son salaire devait être versée sur signature et la seconde moitié une fois les rencontres de groupe terminées. Vérifications faites, PÔLE a seulement versé la première partie, et le second paiement n'a pas été fait.
La Ville pourrait-elle aller jusqu'à résilier son contrat? «Comme du travail a été fait, il faut voir les possibilités. Il faut discuter avec lui. Il y a les révélations, mais il faut voir ce qu'il a à dire par rapport à ça. C'est peut-être un peu tôt pour le dire, mais c'est étudié présentement», a confirmé Paul-Christian Nolin.
Le cabinet du maire était donc hier à planifier une rencontre entre M. Labeaume et M. Rapaille. Or, celui-ci était injoignable. «On essaie de le rejoindre pour le rencontrer le plus rapidement possible», de préciser M. Nolin.
De passage à Québec mardi et mercredi derniers, M. Rapaille ne devait pas revenir avant quelques semaines. Il a informé l'administration Labeaume qu'il retournait en Floride où il a sa résidence principale. Mais voilà, lors de son entrevue avec Le Soleil, il disait plutôt s'envoler vers l'Italie pour effectuer un travail pour un client. Il avait toutefois refusé de spécifier la nature de ce contrat.
















