1- Le iPod
Un incontournable. Lancé par Apple le 23 octobre 2001, le iPod est rapidement devenu un symbole de la décennie. Non seulement le iPod Classic et son fidèle ami iTunes ont confirmé la révolution mp3 dans l'industrie de la musique, ils ont aussi relancé Apple et réaffirmé la force de la compagnie californienne pour le design. «Des lecteurs mp3, Sony ou Nokia en font, mais c'est le vrai iPod qu'on veut, lance Luc Dupont. Ces objets sont tellement beaux.» Branché, épuré et accompagné de ses légendaires écouteurs blancs, le iPod engendrera des petits frères baptisés Nano, Shuffle ou Touch, vendus jusqu'ici à plus de 220 millions d'appareils dans le monde. En 2001, le slogan du iPod était «1000 chansons dans votre poche» (1000 songs in your pocket). Neuf ans plus tard, «votre poche» peut contenir vingt fois plus de tounes, des vidéos, des documents et l'album de famille au grand complet!
2- La sandale Crocs
Un énorme soulier de plastique rose, orange ou jaune. Faut le faire. Aussi omniprésentes qu'éphémères, les sandales Crocs sont les chaussures les plus typées de la décennie. Pour le meilleur (le confort) et pour le pire (le look), ces exubérantes godasses connaissent un succès mondial avec une touche québécoise puisqu'elles étaient fabriquées ici par Créations Foam jusqu'à ce que l'entreprise du Colorado ne mette la clé sous la porte en avril 2009. Aujourd'hui, Crocs est toujours là, avec ses boutiques et des produits diversifiés, plus sobres. Les gros sabots orange, eux, semblent définitivement à oublier. C'est en tout cas l'opinion du magazine Salon.com qui, en juillet, a dressé un bilan plutôt «mordant» de l'épopée commerciale de cette sandale étoile filante en la qualifiant de «chaussure la plus laide de tous les temps». Ouille.
3- Le téléphone «intelligent»
Dans les 10 premières années du nouveau siècle, les téléphones sont devenus «intelligents»! Oubliez le banal coup de fil, désormais, le «cell» est synonyme de courriels, de recherche sur Internet, de vidéos et de photos numériques. Principale illustration du phénomène : le BlackBerry de la compagnie canadienne Research In Motion lancé en 2002. Ont suivi des générations de modèles de plus en plus raffinés, en plus du fameux iPhone d'Apple en 2007. «Ces dernières années, la technologie est plus que jamais devenue le prolongement de la personne, explique Luc Dupont. Au point où si on part de la maison en oubliant son BlackBerry, on se sent mal. Il manque une partie de nous.»
4- Le sac réutilisable
«Si je tournais un film qui se passe au début des années 2000, les gens sortiraient du magasin avec un sac de plastique blanc. À la fin de la décennie, ils sortiraient avec trois ou quatre bouteilles de vin dans les mains!» Cette image du concepteur visuel Patrice Vermette illustre bien un changement de comportement rapide de la population à l'ère du vert. Exit les sacs en plastique, bienvenue aux sacs réutilisables de toutes les couleurs et de toutes les formes! Les consommateurs ont rapidement pris l'habitude de traîner leurs sacs de tissus pour les emplettes. Au Québec, la SAQ a marqué un grand coup en éliminant les sacs à usage unique le 1er janvier 2009. Des supermarchés ont aussi commencé à charger cinq sous par sac en plastique, une idée qui aurait semblé saugrenue au début de la décennie. Le sac en plastique, espèce définitivement disparue dans les années 2010?
5- La bouteille de Purell
Pas facile, la vie de microbe dans la dernière décennie. Vite, tout désinfecter, partout, tout le temps. Rares il y a quelques années à peine, les lotions antiseptiques sont maintenant partout, de tous les formats et de toutes les fragrances. Jusqu'ici plutôt utilisé dans les secteurs hospitaliers ou alimentaires ou encore par des personnes un peu maniaques de propreté, le produit termine la décennie dans son véritable âge d'or alors que sa popularité a littéralement explosé avec la pandémie de grippe A (H1N1).
6- La canette de Red Bull
Plutôt discret au début des années 2000, le taureau rouge de la boisson énergisante Red Bull est partout, 10 ans plus tard. À Québec notamment, où la compagnie autrichienne fondée en 1987 s'est imposée avec l'organisation du fameux Red Bull Crashed Ice, une compétition de patinage extrême dont la première présentation a eu lieu en 2000 en Suède et à Québec en 2006. Trois ans plus tard, en mars 2009, le maire de Québec, Régis Labeaume, va jusqu'à brandir la fameuse canette en pleine séance du conseil municipal pour marquer son appui au controversé Crashed Ice. Plus qu'une simple histoire de commandite, la présence de Red Bull rappelle aussi la montée fulgurante de la popularité des boissons énergisantes au cours de la décennie qui s'achève, malgré diverses mises en garde quant à leurs effets sur la santé.
7- La Wii
Une famille heureuse qui joue à la Wii dans le salon subitement transformé en terrain de tennis ou en allée de quilles. Image typique des années 2000 pour le concepteur visuel Patrice Vermette. Conçue par Nintendo et lancée en 2006, la Wii a transformé le rapport au jeu vidéo en incluant diverses générations et en permettant de bouger en jouant. Insérée dans une guitare de Guitar Hero, la manette sans fil a aussi permis à des millions de personnes de réaliser le fantasme d'être une vedette en plus d'initier les plus jeunes à quelques bons classiques du rock. Spécialiste en marketing, Luc Dupont note pour sa part le nom du bidule, véritable coup de génie du fabricant japonais. «En anglais, Wii sonne comme we qui veut dire "nous", c'est rassembleur et aussi narcissique. On revient au moi, à l'objet personnalisé, au jeu qui devient nous.»
8- L'écran de télévision 16/9
La télé «carrée» est en voie de disparition. Format historique en vigueur depuis l'invention de la télévision dans les années 50, l'écran 4/3 a graduellement perdu des plumes au cours de la décennie. Dorénavant, la télévision, ça se passe en format 16/9, rectangulaire, et qui se rapproche plus de la vision humaine et cinématographique. La télévision a d'ailleurs beaucoup changé ces dernières années, le signal haute définition, les écrans plasma, les écrans plats et tout le tralala sont autant de nouveautés qui sont venues modifier cet objet toujours aussi vénéré.
9- L'ampoule fluocompacte
Depuis 2000, y'a pas que les lecteurs de musique ou les téléphones portables qui ont changé de tête : les ampoules aussi. Finie la légendaire ampoule incandescente, l'ampoule fluocompacte en forme de bigoudi a résolument fait son entrée dans les foyers. Et sa domination totale devrait se confirmer sous peu alors que le Canada souhaite éliminer complètement les ampoules incandescentes en 2012. Plus économes en énergie et d'une durée de vie plus longue, les ampoules fluocompactes conviennent à l'époque écolo. Mais même les lampes possèdent leur part d'ombre et l'ampoule des années 2000 a suscité des craintes relativement à la faible quantité de mercure qu'elle contient. On a évoqué des risques de cancer ou encore l'émanation de rayons UV. Autant de doutes toutefois dissipés par diverses études qui ont invariablement donné le feu vert à cette nouvelle source de lumière.
10- Les bracelets de caoutchouc
Ils sont arrivés pour des causes bien précises. En premier lieu, le bracelet jaune a été lancé en mai 2004 par le cycliste Lance Armstrong avec l'inscription «Live Strong» pour financer sa fondation de lutte contre le cancer. Puis, en 2005, la campagne mondiale antipauvreté (Make Poverty History) a aussi adopté le bracelet, blanc cette fois. Et il y a eu le rose contre le cancer du sein, les multicolores pour aider les victimes de l'ouragan Katrina, le rouge contre le sida. Au milieu de la décennie, les bracelets ornaient le poignet de tous, de Bono à Nicole Kidman, de Nelson Mandela au quidam du coin de la rue. «Ces bracelets sont une façon de montrer qu'on est engagés. Plus besoin de le dire ou de poser d'actions, on porte un bracelet!» ironise Luc Dupont. Rapidement devenus un accessoire dans le vent, les bracelets de silicone se sont multipliés, ont été récupérés à toutes les sauces, souvent dans un objectif purement promotionnel, bien loin de toute cause humanitaire.
L'auto des contradictions : du Hummer à l'hybride
Objet de culte par excellence, l'automobile a connu tous les extrêmes dans la dernière décennie. De l'immense Hummer, dérivé d'un véhicule militaire et bouffeur de pétrole, à la gentille hybride écolo, la voiture n'est pas à une contradiction près. Si dans 20 ans Patrice Vermette devait concevoir l'univers d'un film qui se déroule dans les années 2000, aucun doute, il placerait une Toyota Prius dans l'entrée. Pleine de promesses, cette voiture hybride essence-électricité lancée au début de la décennie est devenue le symbole de la conscience verte avec, derrière le volant, des vedettes comme Leonardo DiCaprio ou Angelina Jolie. Quant au Hummer, il termine la décennie sur une savoureuse ironie. Ce symbole de l'Amérique capitaliste a en effet été vendu en octobre 2009 à une compagnie... chinoise.












