Québécoise disparue à Haïti: la famille se prépare au pire

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Séisme en Haïti

[ International ]

Séisme en Haïti

Un puissant séisme de magnitude 7 a frappé Port-au-Prince, le 12 janvier 2010, plongeant Haïti en plein cauchemar. »

Les recherches parmi les décombres se poursuivent sur... (Photo Reuters)

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Les recherches parmi les décombres se poursuivent sur les lieux de l'hôtel Christopher, où se trouvait le quartier général de l'ONU à Port-au-Prince. C'est là qu'Alexandra Duguay a été vue pour la dernière fois.

Photo Reuters

Pierre-André Normandin
Le Soleil

(Québec) Après deux jours sans nouvelles d'Alexandra Duguay, Québécoise présumée coincée dans les décombres du siège des Nations unies (ONU) à Port-au-Prince, sa famille commence à se préparer au pire.

L'espoir de sa mère, Marie-Dominique Bédard, s'amenuise alors que le temps passe depuis le séisme de mardi après-midi ayant ravagé la capitale d'Haïti. Rappelons qu'Alexandra Duguay a été vue pour la dernière fois dans un escalier du bâtiment qui abritait le quartier général de l'ONU à Port-au-Prince, peu avant son effondrement.

«Deux jours, ça commence à être long», dit la femme qui tente de s'accrocher comme à une bouée de sauvetage aux bribes d'information émergeant du pays dévasté. L'arrivée d'une équipe française au siège de l'ONU pour tenter de dégager des survivants des décombres a ainsi brièvement ravivé son espoir. Des chiens pisteurs et de petites grues ont été déployés, accélérant les recherches. Des blessés en ont d'ailleurs été extirpés, dont un policier estonien qui se trouvait sous quatre mètres de gravats.

Mais les découvertes de corps inertes commencent à surpasser celles de survivants. En début d'après-midi, l'ONU rapportait la mort de 36 de ses employés. Reste que 200 autres manquaient toujours à l'appel jeudi, dont la moitié sont présumés coincés sous les ruines de l'hôtel Christopher. Mme?Bédard a reçu la confirmation que sa fille ne se trouvait pas sur la liste des morts et des blessés.

Un petit hôpital de fortune a été aménagé sur place afin de traiter les blessés. Les cas les plus lourds seront toutefois transportés à l'extérieur du pays. Mme Bédard se dit prête à se rendre «n'importe où pour la laver, la nourrir, la bercer».

Toujours sur place, le conjoint de la disparue, Marc-André Franche, continue à attendre des nouvelles tout en tentant tant bien que mal de poursuivre son travail, lui aussi employé de l'ONU. Celui-ci dort dans des tentes où sont fournies des rations militaires aux rescapés.

«En sa mémoire...»

Se préparant au pire, Marie-Dominique Bédard songe à poursuivre une cause que sa fille avait récemment épousée.

En décembre, la jeune femme de 31 ans avait visité un orphelinat géré par une religieuse québécoise sur une île au large de la pointe sud d'Haïti. Elle avait manifesté le désir de lui venir en aide. Soeur Flora, que Le Soleil avait rencontrée voilà deux ans à l'occasion d'un reportage, accueille de nombreux enfants abandonnés sur l'île à Vache, à une vingtaine de kilomètres de la ville des Cayes, dans la mer des Caraïbes. Plusieurs d'entre eux présentent de lourdes infirmités.

Marie-Dominique Bédard se propose de mener une collecte de fonds pour aider l'orphelinat. «En sa mémoire...» laisse-t-elle douloureusement tomber.

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