Architectes de l'urgence envoie une équipe: reconstruire dans le chaos

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Séisme en Haïti

[ International ]

Séisme en Haïti

Un puissant séisme de magnitude 7 a frappé Port-au-Prince, le 12 janvier 2010, plongeant Haïti en plein cauchemar. »

Valérie Gaudreau
Le Soleil

(Québec) Reconstruire Port-au-Prince sera un immense défi auquel participeront des Québécois membres d'Architectes de l'urgence.

Des bâtiments écroulés partout, des murs fragilisés, des toits effondrés : les rues de Port-au-Prince ne sont que désolation dont la reconstruction s'annonce pénible.

Mais avant même de penser à long terme, trois architectes dépêchés sur place, dont le Québécois Jean-Paul Boudreau, auront comme mission de mesurer l'ampleur des dégâts, explique la vice-présidente d'Architectes de l'urgence Canada, Diane Simard. «L'important pour l'instant est de sécuriser les bâtiments affectés. Il faudra les condamner pour ne pas qu'il y ait d'effondrement», poursuit cette chargée de projet pour la Commission de la capitale nationale.

Il est d'ailleurs «très possible» que l'architecte de Québec, qui a notamment travaillé à la promenade Samuel-De Champlain, se rende en Haïti dans les prochains mois.

Fondé en France en 2001, Architectes de l'urgence apporte son expertise à des pays touchés par des catastrophes naturelles ou des conflits armés. L'organisme qui collabore avec des ONG a jusqu'à maintenant participé à des missions dans 24 pays.

Le président de la section canadienne, l'architecte Bernard McNamara, s'est par exemple rendu en Indonésie et au Sri Lanka après le tsunami et en Nouvelle-Orléans, dévastée par l'ouragan Katrina. Du lot, la situation de Port-au-Prince est particulièrement critique. «Il faut le dire, ce sera un immense challenge», reconnaît-il.

Architectes de l'urgence évalue la durée de sa mission haïtienne à au moins cinq ans. Les séjours des professionnels, eux, seront d'un minimum de trois mois. «Dans d'autres domaines, en chirurgie par exemple, on peut être très efficace en une semaine ou deux. Mais diriger un chantier de reconstruction prend plus de temps», explique M. McNamara. Les architectes et les ingénieurs impliqués se caractérisent par leur débrouillardise, note-t-il. «Ils engagent des ouvriers, la main-d'oeuvre locale, achètent des matériaux, pensent au design.»

S'il est pratiquement impossible pour l'instant de juger des besoins pour la reconstruction des immeubles de Port-au-Prince, tant Bernard McNamara que Diane Simard estiment que cette tragédie sera l'occasion d'une remise en question du développement urbain d'Haïti. En 2008, le gouvernement haïtien avait estimé que 60 % des bâtiments publics n'étaient pas conformes aux normes élémentaires selon le président d'Architectes de l'urgence, le Français Patrick Coulombel, cité par l'AFP. «Ce sera le temps de réfléchir à la façon de concevoir cette ville. Elle avait déjà des problèmes avec ses infrastructures et sa population trop dense, conclut M. McNamara. Il y avait là un cocktail explosif.»

Pour en savoir plus sur Architectes de l'urgence : www.architectes-urgence.ca

Avec AFP

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