Des discussions entre des associations regroupant des industriels forestiers d'ici et des fonctionnaires québécois ont débuté à ce sujet, dans les heures suivant l'annonce de la catastrophe qui a frappé la capitale, Port-au-Prince.
Le Bureau québécois de promotion des produits forestiers - aussi connu sous l'acronyme Q-WEB, pour Québec Wood Exportation Bureau - rapporte que des travaux sont engagés pour en arriver à «un kit à monter très rapidement» pour une structure qui pourrait faire «face aux répliques» sismiques qui peuvent suivre le tremblement de terre de mardi.
Malgré le fait que des centaines de milliers de personnes sont sans toit, les efforts québécois ne serviront pas à construire des maisons, mais plutôt des abris. Ceux-ci pourront servir de dispensaires ou de lieux pour prodiguer d'autres services communautaires. Par la suite, les Haïtiens pourront les transformer en logement.
Le directeur général du Bureau de promotion, Sylvain Labbé, a indiqué au Soleil que les industriels confectionneront au cours des prochains jours une proposition pour déterminer notamment le nombre d'unités qu'il est possible d'expédier, les plans nécessaires et les coûts à envisager.
M. Labbé a précisé qu'il faudra probablement attendre quelques semaines avant que le matériel pour les abris ne parte pour Haïti. Les coordonnateurs de l'aide internationale et les Haïtiens ont d'autres priorités. «Ils n'ont même pas de grues pour sortir les gens» des décombres!
Le porte-parole du Bureau de promotion a suggéré que la mobilisation n'a pas un caractère mercantile. «Pas sûr que ça développe un marché à long terme. C'est un pays pauvre. C'est vraiment de l'aide» pour ce pays que de fabriquer ces abris.
Principe du roseau
Tout comme Robert Beauregard, le doyen de la faculté de foresterie de l'Université Laval, il a insisté sur les propriétés du matériau choisi pour les structures : le bois. «C'est le principe du roseau. Même une petite cabane [en bois], ne s'écroulera pas, elle pliera. [...] Mais c'est plus cher que de la terre cuite.»
Q-WEB et l'Association des fabricants de structures en bois du Québec a pour interlocuteur dans ce dossier de secours à Haïti la Société d'habitation du Québec. Son vice-président aux affaires publiques, André Filion, a confirmé qu'un peu partout dans le monde, «la démonstration a été faite» que les bâtiments à ossature en bois «résistent beaucoup mieux» aux séismes tout en étant plus rapides à construire.
«Mais il ne faut pas y aller aveuglément», a-t-il tenu à nuancer. Il y a les habitudes de construction du pays à tenir compte. «Il y a une culture de la construction, en Haïti, basé sur le dur, sur la brique, sur la pierre. «C'est un pays chaud, a ajouté M. Filion. Il faut que le produit soit adapté aux conditions climatiques et environnementales. Il faut que le bois soit traité, par exemple, contre les termites et les insectes. Mais on est capable d'agir en conséquence.»























