«Depuis le 13 janvier, la totalité de nos 95 chambres sont occupées à 150 $ la nuitée. Ce sont tous des médias étrangers, principalement américains, qui ont réservé l'hôtel au complet et on ne sait pas quand ils repartiront», explique Jacques Mila, un employé du complexe hôtelier appartenant à l'homme d'affaires haïtien Fred Pierre-Louis.
Il s'agit d'un changement radical pour l'hôtel qui faisait autrefois partie de la chaîne Holiday Inn et dont seulement 40 % des chambres étaient occupées normalement durant le mois de janvier.
Ce sont essentiellement des employés de la télé qui logent au Plaza, où un petit studio de télévision a été aménagé à l'étage. Les journalistes et les techniciens d'ABC, de NBC, de CNN, de l'agence Reuters, de RAI et de RTL s'y sont installés.
Le grand luxe
Sous la protection du corps des marines de l'armée néerlandaise, les clients du Plaza profitent de conditions qui font contraste avec celles dans lesquelles doivent vivre des milliers de personnes à quelques pas de là.
Non seulement l'électricité et l'eau courante fonctionnent à la perfection 24 heures sur 24, mais le réseau Internet sans fil offre une fiabilité rarement vue à Port-au-Prince, et les clients peuvent même faire faire leur lavage chaque jeudi.
«Il n'y a pas beaucoup d'hôtels encore ouverts ici. On refuse des gens à longueur de journée, presque toujours des journalistes, car ce sont les seuls qui viennent à Haïti présentement», ajoute Steve Delva, un autre employé du Plaza.
En même temps que cette hausse d'achalandage, le Plaza doit aussi composer avec une diminution importante de la disponibilité de sa soixantaine d'employés, dont plusieurs ont subi de lourdes pertes lors du séisme.
«Heureusement, aucun de nos employés n'est décédé, car ils étaient presque tous ici lorsque la terre a tremblé. Mais certains ont perdu toute leur famille ou leur maison. Ceux qui se sentent capables de travailler le font, mais dans ces circonstances, on ne peut les y obliger», conclut M. Mila.

















