La famille de Trân Triêu Quân outrée par Ottawa

  • Taille du texte
  • Imprimer
  • Envoyer

    Vous pouvez indiquer plusieurs adresses séparées par des virgules.

    Le commentaire peut contenir un maximum de 200 caractères.

    Transfert des données
    Merci:

    Votre message a bien été envoyé!

    Pour envoyer à d'autres amis, cliquez ici

Dossiers»

Séisme en Haïti

[ International ]

Séisme en Haïti

Un puissant séisme de magnitude 7 a frappé Port-au-Prince, le 12 janvier 2010, plongeant Haïti en plein cauchemar. »

«On ne sait absolument rien», déplore Joliette (à... (Le Soleil, Erick Labbé)

Agrandir

«On ne sait absolument rien», déplore Joliette (à gauche), la fille de Trân Trêu Quân.

Le Soleil, Erick Labbé

Daphnée Dion-Viens
Le Soleil

(Québec) «C'est inacceptable. On ne sait absolument rien. On a le droit d'avoir des réponses.»

Joliette Trân n'en revient pas. Dix jours après le séisme qui a dévasté Haïti, elle n'a aucune information sur ce qui est fait par Ottawa pour retrouver son père, Trân Triêu Quân.

«La seule fois qu'on a eu un appel du ministère des Affaires étrangères, c'était pour prendre nos coordonnées», a raconté Joliette Trân lors d'une rencontre avec les médias, hier avant-midi. La conjointe de M. Trân, Nguyen Thi My, était présente de même que leurs deux autres enfants, Cécilia et Nicolas, qui sont arrivés du Viêtnam jeudi.

Les membres de la famille Trân ne savent pas si des secouristes fouillent toujours les décombres de l'hôtel Montana, où logeait l'ingénieur et maître de taekwondo de Québec. Ils ne savent pas si quelqu'un est sur place, chargé de l'identification des corps. Ils ne savent pas si les corps des Canadiens retrouvés seront rapatriés rapidement. Les seules bribes d'information recueillies proviennent des journalistes sur le terrain ou de leurs contacts personnels.

«J'aimerais aussi parler au nom des autres familles qui n'ont pas nécessairement les contacts que nous avons, a ajouté la fille de M. Trân. Il y en a qui laissent des messages et qui n'ont aucun retour d'appel. J'aimerais qu'il y ait quelqu'un qui ait le mandat de rassurer les familles et de leur expliquer ce qui est fait ou non. Ce serait bien qu'on réponde aux questions et que quelqu'un nous accompagne là-dedans.»

Aucun accusé de réception

Jeudi, ce fut la goutte d'eau qui a fait déborder un vase déjà bien rempli. La famille Trân a fait parvenir des informations au ministère des Affaires étrangères pour faciliter l'identification - dont la fiche dentaire de M. Trân - afin de savoir si le corps qui a été extirpé des décombres est bel et bien celui de M. Trân. Selon les informations qui circulent sur le Web depuis quelques jours, le corps d'un Asiatique a été retrouvé dans les ruines de l'hôtel Montana cette semaine.

«Les informations ont été envoyées par courriel, dans lequel on demandait un accusé de réception. On n'a pas eu de réponse. Il a fallu rappeler pour confirmer que le courriel avait bel et bien été reçu. On nous a dit : "Oui, merci, on a bien eu l'information." C'est tout», raconte le conjoint de Joliette, François Beaudin, qui n'en revient pas lui non plus.

Le scénario se répète

La famille Trân est loin d'être la seule dans cette situation. Un peu partout au Québec, le scénario se répète pour d'autres familles de disparus.

France Gosselin, dont le père logeait lui aussi à l'hôtel Montana, est à bout de nerfs. «C'est une république de bananes!» laisse-t-elle tomber au bout du fil. «C'est décourageant de voir que le gouvernement canadien ne soit pas capable de nous tenir plus au courant que ça. On ne sait rien, moins que rien. C'est incroyable.» Arrivé à Port-au-Prince le jour du séisme, Roger Gosselin s'était rendu en Haïti pour travailler avec l'unité de santé internationale de l'Université de Montréal.

Après avoir appelé plusieurs fois par jour à Ottawa, Mme Gosselin a fini par être rappelée jeudi matin. Mais elle n'a toujours pas eu des réponses à ses questions. «On ne sait pas si les recherches se sont arrêtées à l'hôtel Montana. C'est invivable de ne pas savoir», laisse-t-elle tomber.

Même son de cloche pour la famille de Pâquerette Tremblay et de Claude Chamberland, un couple de Saint-Michel-de-Bellechasse vu pour la dernière fois au même hôtel. «Le silence du ministère des Affaires étrangères montre qu'ils sont complètement désorganisés», affirme François Trépanier, le beau-frère du couple disparu, qui signe une lettre à ce sujet publiée en page 47.

De son côté, la famille Trân entend contacter les autres proches des disparus pour coordonner leurs efforts. Hier, Joliette Trân avait eu des contacts avec la famille de Serge Marcil, l'ancien député aussi porté disparu, qui partage leur inquiétude et «impuissance», indique-t-elle. Les Québécois Anne Chabot, Alexandre Bitton et Richard Proteau auraient aussi été vus pour la dernière fois à l'hôtel Montana.

«La prochaine étape, c'est de se mettre ensemble pour faire des démarches communes. Je sais que tout le monde est occupé et je suis prête à attendre. Mais je suis prête à attendre en sachant qu'il y a quelqu'un en Haïti qui s'assure qu'on retrouve les Canadiens qui sont disparus et qu'une identification soit faite. Je ne peux pas attendre pour rien.»

Cyberpresse vous suggère

publicité

publicité

la liste:246:liste;la boite:267:box

Aujourd'hui sur Lapresse.ca

Précédent

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Les plus populaires sur Auto

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

image title
Fermer