Près des ruines du palais national, une femme est assise par terre et pèle des oranges qu'elle ensache ensuite en paquets de trois. Un peu plus loin, une autre vend des arachides après en avoir retiré les écales.
Des pantalons de toutes sortes sont également en montre sur la clôture qui entoure ce qui était autrefois le siège du gouvernement haïtien.
Ménilas Fadète a installé sa cuisine dans un campement de fortune établi dans le secteur et prépare des bananes frites, des pâtés et des hot dogs qu'elle vend aux passants.
«J'en vends un peu, mais les gens qui passent ici sont tous des sinistrés et ils n'ont pas beaucoup d'argent. Je fais seulement 100 dollars haïtiens (environ 13 $CAN) par jour et ce que je gagne, je le réinvestis pour acheter d'autre nourriture. Je ne fais pas de bénéfice, mais je ne perds pas d'argent non plus», explique-t-elle.
Pas de bénéfice
«Pas bénéfice!», lance aussi Natacha Délice, une femme au nom prédestiné qui insiste pour dire que son petit commerce de nourriture pour aider les gens. Elle vend un sachet d'eau une gourde (environ 0,04 $CAN) et un sac de sachets d'eau 150 gourdes (environ 4 $CAN).
On peut aussi se procurer un paquet de spaghetti pour 25 gourdes (environ 0,70 $CAN) et une boîte de lait concentré pour 20 gourdes (environ 0,54 $CAN).
N'ayant pas d'automobile, Natacha va acheter ses denrées alimentaires à pied au Marché Salomon, l'un des rares supermarchés encore ouvert à Port-au-Prince et les ramène à son campement de fortune.
Mais malgré le prix peu élevé des denrées alimentaires, plusieurs personnes qui ont été jetées à la rue, sans argent, sans travail et sans maison, sont incapables de s'en payer.
«J'étais déjà commerçante avant le tremblement de terre mais maintenant, il arrive parfois que je doive donner de la nourriture parce que les gens ne sont pas capables de l'acheter», avoue Natacha en terminant.












