Alexandra Duguay a rapidement trouvé une cause en arrivant à Haïti: aider les enfants de l'orphelinat Saint-François de l'île à Vache.
James Tanaka
«Elle rêvait de voir qu'elle pouvait vraiment faire une différence. Elle était convaincue qu'elle était capable de contribuer, de faire en sorte qu'Haïti s'améliore», raconte son conjoint Marc-André Franche.
Originaire du Québec et arrivée en Haïti en 1979, soeur Flora Blanchette y a fondé un orphelinat à l'île à Vache en 1981. Elle y accueille une soixantaine d'enfants, dont 19 polyhandicapés. En plus de l'orphelinat, l'établissement comprend une école de 400 enfants, un centre de formation ménager de 15 jeunes filles et une pharmacie-laboratoire. On y sert 200 repas trois fois par jour aux enfants et aux employés, ainsi qu'aux plus démunis de la région.
C'est à l'occasion de la Journée des Nations unies à Port-au-Prince, en octobre dernier, qu'Alexandra Duguay a imaginé son projet. Elle y a rencontré le chanteur haïtien Bello, qui a épousé la cause des enfants de ce pays. «Elle s'était dit qu'au lieu de s'acheter des cadeaux de Noël, on devrait acheter des cadeaux pour les enfants», se rappelle son conjoint. Leur travail et leurs vacances les avaient amenés à l'île à Vache, située au large des Cayes, à 196 km de Port-au-Prince. L'histoire de soeur Flora l'a émue.
«Le 11 décembre, elle a décidé d'organiser un événement pour collecter des fonds. Je chialais, je lui disais d'arrêter d'organiser des affaires... Aujourd'hui, je m'en veux», confesse Marc-André Franche, en se rappelant l'enthousiasme de son amoureuse. Passionnée par la photo, elle a sélectionné une douzaine de photographies qui ont été mises en vente à l'occasion d'un encan silencieux. «On pensait ramasser 400 $ ou 500 $, on a fini par ramasser 1500 $.»
La mère d'Alexandra, Marie-Dominique Bédard, a décidé de poursuivre l'oeuvre de sa fille. André Franche, le père de Marc-André, qui a longtemps été coopérant en Colombie et au Pérou, gère déjà une fondation bien établie, Les Ailes de l'Espérance, qui vient en aide aux populations de l'Amazonie péruvienne. Il y créera un fonds à part pour accueillir et transmettre les dons faits à soeur Flora.
«Le rêve d'Alex, c'était d'écrire, raconte son conjoint. Pour une fille de 30 ans, elle en avait vécu 60. Elle avait tellement de choses à raconter.»
Le séisme du 12 janvier lui a volé ce rêve, mais pas celui de l'orphelinat. Sa cause pour les enfants d'Haïti survivra. Elle est dorénavant entre les mains de soeur Flora ainsi que de ses parents et amis qui ont décidé de l'appuyer.
























