Un survivant veut jumeler Stoneham à une municipalité haïtienne

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Séisme en Haïti

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Séisme en Haïti

Un puissant séisme de magnitude 7 a frappé Port-au-Prince, le 12 janvier 2010, plongeant Haïti en plein cauchemar. »

«Il faudrait se rendre compte de la chance...

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«Il faudrait se rendre compte de la chance que l'on a et se rappeler qu'à quatre heures d'avion d'ici, un pays et une population se meurent», soutient Nicolas Mazellier.

Guy Benjamin
Le Soleil

(Québec) Survivant du tremblement de terre qui a dévasté Haïti, Nicolas Mazellier suggérera à Stoneham de se jumeler avec une municipalité du pays si durement touché afin de la parrainer et de l'aider à se réorganiser.

Justement parce que j'ai survécu, je ne peux pas envisager de retrouver ma belle maison de Stoneham au milieu de la forêt et de rester les bras croisés, de dire hier M. Mazellier. Son idée du jumelage est une mesure à long terme, parce que la reconstruction d'Haïti va prendre 10, 15 ans.

À court terme, parce qu'il faut donner à boire et à manger aux Haïtiens, et faire en sorte que les gens soient soignés, dit-il, M. Mazellier sera le porte-parole de la campagne de collecte de fonds organisée par Stoneham. Les entreprises, les commerces et tous les citoyens seront invités à se montrer généreux d'ici le 28 mars. La municipalité versera 25 ¢ par citoyen, soit environ 1500 $.

Le drame, qui sera peut-être une occasion pour Haïti de repartir sur des bases nouvelles, d'analyser le survivant, est aussi une occasion de réveiller un peu les Québécois, de réfléchir sur notre confort et l'indifférence. «Il faudrait se rendre compte de la chance que l'on a, et se rappeler qu'à quatre heures d'avion d'ici, un pays et une population se meurent.»

M. Mazellier était encore à défaire ses valises à l'hôtel Montana lorsque le tremblement de terre a frappé. Administrateur invité par l'ENAP, il était en mission en Haïti pour aider le ministère des Finances de là-bas à mieux structurer son budget.

L'hôtel s'effondre, et M. Mazellier raconte qu'il se retrouve dans une cavité de la grandeur d'un cercueil, une colonne de béton s'arrêtant à quelques centimètres de son visage. Il y restera 17 heures avant d'être secouru par des Casques bleus de l'Équateur.

La foi, dit-il, l'a grandement aidé. Il a remis son destin entre les mains de Dieu, ce qui lui a permis de vivre tout de même des moments de paix et de sérénité à travers d'autres moments de désespoir, de profonde tristesse et de grande solitude.

Il ne veut surtout pas se plaindre. Sa blessure à une jambe, c'est tellement peu comparativement à ce que les Haïtiens vivent. Haïti, de dire M. Mazellier, était devenu un peu son troisième pays, après son pays d'origine la France, et le Québec. Il en ajoute maintenant un quatrième, l'Équateur, pays de celui qui l'a sorti des décombres, qui a risqué sa vie en s'aventurant dans cet amas de pierres qu'était devenu l'hôtel Montana.

«Cette expérience va faire de moi un homme meilleur», de dire M. Mazellier. «Parce que j'ai survécu, que quelqu'un a risqué sa vie pour m'aider, je ne peux pas rester sans rien faire.»

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