En conférence de presse, hier matin, à Québec, le Conseil de l'industrie forestière, le Bureau de promotion des produits forestiers et le centre de recherche privée FPInnovations ont dévoilé le projet, sans que tous les feux verts ne soient acquis, y compris le nécessaire financement par les gouvernements.
Les partenaires dans cette aventure ont pris soin de souligner qu'il ne s'agit pas d'une opération pour faire de l'argent. Comme le rapportait Le Soleil, hier, le bois sera fourni gratuitement; les usines fabriquant les modules à assembler le feront sans prélever un sou de profit; Ottawa et Québec seront appelés à financer l'acheminement du matériel et l'assemblage des unités en bois.
Les industriels allongeraient 5 ou 6 millions $ en aide. Les gouvernements québécois et canadien devraient se partager une facture d'une dizaine de millions de dollars, dont la moitié pour la fabrication des maisons.
Il faudra probablement patienter pendant plusieurs mois avant que les chantiers ne démarrent. La rencontre internationale d'aide à Haïti, prévue pour mars, fera foi de tout.
Il n'a pas été possible de savoir comment le ministre canadien des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, accueille l'initiative. Le ministre québécois du Développement économique, Clément Gignac, a transmis une réaction prudente.
«Nous applaudissons la démarche», a indiqué son attachée de presse. «Mais il est trop tôt pour annoncer que nous participerons» financièrement, a enchaîné Anne-Sophie Desmeules.
L'idée des industriels a commencé à germer au lendemain du séisme du 12 janvier. Au départ, il était question d'une nouvelle génération d'abris d'urgence en bois. Ce matériau a la propriété d'absorber l'énergie, comme celle d'un tremblement de terre. Sa résistance est alors beaucoup plus grande que l'acier ou ciment.
C'est l'option logement qui a été privilégiée. Ce seront des maisonnettes, de superficie variable, pouvant servir à des fins communautaires.
Le pdg du Conseil de l'industrie forestière, Guy Chevrette, a fait valoir que le but est de former «des communautés locales», rassemblant les citoyens «à une échelle humaine». L'aide proposée peut paraître marginale. Les 2000 maisons sont destinées à un peuple qui compte maintenant un million de sans-abri.
Le bois utilisé conviendra à la Perle des Antilles, a-t-on insisté. Il sera à l'épreuve du feu, des termites, de l'humidité et même des ouragans, se sont fait dire les médias. Dans ce dernier cas, le directeur général du Bureau de promotion des produits forestiers, Sylvain Labbé, a assuré Le Soleil que, «si c'est conçu correctement, si les "connecteurs" des armatures sont bien ancrés dans les dalles de béton, il n'y a pas de problème».
Le total de maisons pourrait être augmenté, ont signalé les porte-parole. Des contacts ont débuté avec les représentants des autres provinces pour les embarquer dans cette tentative originale d'aide. Guy Chevrette a vaguement évoqué la possibilité que l'initiative intéresse les grands producteurs de bois de la planète, comme les États-Unis, la Russie ou les pays scandinaves.
























