«Tout un honneur», a confié le Québécois, qui a occupé les fonctions d'officiel en chef aux Jeux de Calgary (1988), Albertville (1992) et Turin (2006) et d'officiel à Salt Lake City. Ce sera la première fois de l'histoire des Jeux que l'officiel en chef sera originaire du pays hôte. «J'ai déjà eu ce rôle en 1988, mais à cette époque, le patinage de vitesse courte piste n'était qu'un sport de démonstration.»
Depuis l'annonce de sa sélection, Verreault a entendu bien des gens lui dire qu'il était chanceux d'aller à Vancouver. Une affirmation qu'il a toujours prise avec un grain de sel. Selon lui, si on l'a choisi, c'est parce qu'il avait la formation et le talent pour être à la tête d'une équipe d'officiels.
«Et ça, c'est le résultat de plusieurs années de travail et de sacrifices. Pour être un bon officiel en chef et avoir le respect de tous, il faut avoir le sens de l'organisation, être un bon communicateur et faire preuve de leadership. Il faut aussi être capable de voir tout ce qui se passe dans une course. À cause de la proximité, le patinage de vitesse courte piste est un sport de contact. Les gens associent souvent la gravité d'une infraction au bruit fait par un patineur qui frappe un matelas. Mais la vraie infraction a généralement été commise avant et de manière subtile.»
Travail de longue haleine
Même si les Jeux ne commenceront que le 12 février, Verreault a commencé à travailler avec le Comité olympique de Vancouver il y a plus d'un an. Il a donné ses recommandations concernant plusieurs points techniques comme l'emplacement des officiels, de la caméra vidéo et du photo finish. À son arrivée à Vancouver, il devra s'assurer que ses demandes ont été respectées à la lettre. Chaque jour, il devra rencontrer son équipe d'officiels, les entraîneurs et les bénévoles afin de leur faire part de ses attentes. «Avant chaque course, je devrai m'assurer que tout est conforme au niveau des installations. Que les matelas soient à la bonne place et qu'ils soient bien fixés, par exemple. À Salt Lake City, une équipe de télévision avait placé une caméra dans un bloc délimitant le parcours et elle n'en avait pas parlé à personne. Heureusement, nous nous en sommes aperçus. Un patineur ayant chuté après avoir frappé ce bloc aurait pu mettre un protêt en disant que celui-ci était plus lourd. Et nous aurions été dans le trouble.»
Verreault aura le dernier mot tout au long des compétitions masculines. Ses décisions seront finales et sans appel. Il est d'ailleurs la seule personne ayant accès à la reprise vidéo. Interrogé à savoir si ses responsabilités lui apportaient de la pression, l'officiel québécois a indiqué qu'il préférait parler de nervosité et seulement avant les épreuves. «Dès que la compétition commence, je rentre dans ma bulle et j'oublie tout pour me concentrer sur mon travail.»











