À moins d'une catastrophe improbable, elle ramènera une médaille dans sa ville natale. À ce moment-ci, on n'en connaît toutefois pas la couleur. Ce sera l'or ou l'argent, selon une victoire ou une défaite en finale contre les États-Unis.
«C'est notre plus importante rivalité, sauf qu'il faut aussi faire attention à la Finlande et la Suède, qui s'en viennent avec un bon calibre. Pour ce qui est des autres pays, ils ont plus de misère c'est comme ça. L'autre jour, on a joué à Ottawa contre les États-Unis et il y avait 16 000 personnes dans les gradins. Je ne suis même pas encore aux Jeux et c'est déjà une belle expérience.»
Elle a encore de la difficulté à croire qu'elle participera aux Jeux olympiques, dans son pays et dans son sport national. Elle se pince encore pour le réaliser. Toutes les joueuses de l'équipe canadienne sont conscientes de l'objectif à atteindre. «Pour nous, on parle de LA médaille, pas des médailles.»
Marie-Philip ne regrette pas sa décision d'avoir opté pour un collège anglophone (Dawson) pour compléter ses études secondaires et faire ses débuts dans la Ligue collégiale de hockey féminin. Dotée d'un excellent coup de patin et d'une bonne vision du jeu, elle a réussi le tour de force de faire l'équipe senior à 18 ans, ce qui en fait le bébé de la sélection.
«J'avais fait mon premier camp d'entraînement à 16 ans, et à ce moment-là, je me disais que je devrais travailler fort pour y arriver.» Deux ans plus tard, on l'invitait à déménager en permanence à Calgary, la ville qui héberge le programme de hockey féminin. Elle y partage une maison avec trois joueuses québécoises de l'équipe, dont la gardienne de but, Kim St-Pierre.
«Elles m'aident beaucoup. En fait, toutes les filles sont super gentilles avec moi et on apprend beaucoup à les côtoyer. Je ne suis pas le type qui s'ennuie, on est trop occupées pour ça», racontait celle qui a déjà participé à un camp d'entraînement des Commandeurs de Lévis, dans la Ligue midget AAA.
Avec les gars
Marie-Philip a aussi joué dans le midget espoir, avec les gars, une étape de sa jeune carrière qui lui aura été bénéfique. «Ça m'a vraiment aidée, j'avais eu un bon coach et mes coéquipiers avaient été respectueux à mon endroit. Encore aujourd'hui, il y a des gars à qui je parle et ils sont fiers de me voir aller aux Jeux.»
Toute la Beauce se réjouit de sa participation au tournoi olympique. En fait, la région comptera deux représentants, si l'on considère que la mère de Jonathan Toews, l'un des joueurs de l'équipe masculine, est native de la Beauce et qu'il parle un français impeccable malgré sa jeunesse passée à Winnipeg et les dernières années à Chicago. «Lors du camp de préparation de l'équipe masculine, on a soupé avec eux. J'ai jasé avec quelques gars, comme Martin Brodeur, Marc-André Fleury et quelques autres. Ce serait le fun qu'on ramène deux médailles en Beauce...» ajoutait celle qui ne sera pas l'unique Poulin à Vancouver puisque toute sa famille s'y rendra.
La NCAA dans la mire
Le hockey féminin a beaucoup changé avec le temps. Déjà, plusieurs options s'offrent à Marie-Philip Poulin pour la suite de sa carrière. Même si sa destination finale n'est pas encore déterminée, il semble bien qu'une université américaine (NCAA) lui ouvrira ses portes, l'automne prochain.
«Je vais sûrement jouer dans le hockey universitaire américain, mais je ne sais pas où. J'ai reçu quelques offres, sauf qu'ils savent que je m'en vais aux Jeux olympiques et que je vais me décider après. Dans l'équipe, plusieurs filles ont fait ce choix, elles peuvent aussi me donner des conseils», disait l'attaquante qui a fait une pause dans ses études collégiales en cette année olympique.
À savoir
MARIE-Philip Poulin
18 ans
Beauceville
Hockey féminin
Canada-Slovaquie (13 février)
Suisse-Canada (15 février)
Canada-Suède (17 février)
Demi-finale (22 février)
Finale (25 février)












