«Je n'ai pas été aussi dominant que je voulais l'être», admet le sportif de 24 ans lors de son dernier séjour à la maison. Il ne faut cependant pas voir dans ce constat les traces d'un échec.
Jeune homme posé et articulé, cet étudiant en communication parle du cycle olympique comme d'une victoire. Une victoire sur lui-même, où il a réussi à surmonter des obstacles qui n'avaient jamais ralenti sa progression auparavant.
«À Turin, c'était ma première année senior, rien n'avait jamais mal été pour moi. Malheureusement, ça ne s'est pas passé comme on l'a écrit. Finalement, je n'étais pas aussi bon que je pensais l'être et j'ai senti le doute s'installer autour de moi. Disons que ça m'a fait prendre une bonne dose de réalisme et cela a fait de moi une personne plus complète», indiquait-il dans la salle d'entraînement du Centre national Gaétan-Boucher, à l'anneau du même nom.
L'année après les Jeux de 2006, Roberge a poursuivi sur sa lancée, obtenant ses meilleurs résultats en carrière avec une quatrième place en coupe du monde et une septième au championnat mondial. La saison suivante fut une autre histoire, où il avait changé quelques trucs dans sa technique avec l'espoir de grimper dans le top 3, ce qui n'est pas arrivé.
«Les dernières années m'ont appris à mieux me connaître. J'ai toujours été positif, mais il s'agit maintenant d'un positivisme réaliste et non pas d'un positivisme sur le bord de la négation», confiait celui qui a toujours réussi, malgré tout, à s'offrir un top 16 pour conserver son brevet.
Ça passe ou ça casse
Arrivent donc les sélections olympiques, en décembre dernier. Ça passe ou ça casse. Certains iront aux Jeux, d'autres poursuivront leur développement, quelques-uns songeront à prendre leur retraite.
«Je ne veux pas diminuer les Jeux, mais les essais étaient quasiment plus importants. Si j'échouais, c'était l'échec d'un cycle de quatre ans. Ce n'est pas compliqué, pour me classer, je devais faire ma meilleure course au 1000 m, et ce, peu importe ce qui est arrivé avant. Je me suis classé quatrième et je vais m'en servir comme énergie à Vancouver.»
Pour lui, les Jeux sont déjà une belle histoire en raison du long processus intérieur qu'il vient de franchir. Il se rend à l'anneau de Richmond l'esprit en paix, sachant qu'il peut à nouveau connaître sa meilleure performance sur cette distance.
«Les gens ne s'attendent pas à une médaille de ma part. Si j'en gagne une, ce sera extraordinaire; si je fais un top 5, ce sera excellent. Ça ne me donne rien de dire que j'en vise une. Si je finis quatrième ou cinquième ou 10e, je ne serai pas déçu.»
Au cours des dernières semaines, le patineur de Saint-Nicolas s'est entraîné à Calgary avec les patineurs sous la direction de Marcel Lacroix, comme Denny Morrison et Lucas Makowsky, une chose qu'il a toujours voulu expérimenter, sauf qu'il n'était pas prêt à s'exiler dans l'Ouest canadien. Il a annulé sa participation au Championnat mondial de sprint, au Japon, histoire de convaincre l'entraîneur qu'il pourrait apporter sa contribution à l'épreuve de la poursuite par équipe.
L'anneau recouvert arrivera trop tard
Malgré la volonté du maire Régis Labeaume de doter les patineurs de vitesse d'un anneau recouvert, François-Olivier Roberge n'aura pas l'occasion de patiner dans cet éventuel nouveau complexe intérieur. «Auparavant, c'était un rêve, mais même si on l'a dans quatre ou cinq ans, ça n'aura pas d'influence sur ma carrière. Pour moi, ça arrive trop tard», affirmait-il.
L'étudiant en communication n'accrochera pas ses lames après la présente saison, mais il ne pense pas se lancer dans un autre cycle olympique à moins d'un grand changement. L'an prochain, il fera moins de coupes du monde et s'inscrira à plus de cours à l'Université Laval parce que «si je continue comme ça, je vais faire mon bac en 12 ans...» blague cet ancien étudiant de l'école secondaire Cardinal-Roy, où il fut le confrère de classe de Patrice Bergeron, de Sillery, retenu au sein de l'équipe olympique de hockey.
À savoir
François-Olivier Roberge
24 ans
Saint-Nicolas
Patinage de vitesse longue piste 1000 m (17 février)























