La skieuse de 20 ans devient la première athlète de cette municipalité à participer au grand rendez-vous inventé par Pierre de Coubertin. «Même si j'habite partiellement à la maison pendant la saison de ski, les gens sont super-fiers de moi. Ils me croisent dans la rue et ils m'encouragent, me félicitent. Il y a même ceux que je ne connais pas qui ont de bons mots pour moi», indique celle qui tient le rôle d'ambassadrice de la station du Mont-Orignal, là où tout a commencé.
Sa progression est fulgurante au sein de l'élite canadienne. Après avoir subi une vilaine double fracture ouverte du tibia et du péroné de la jambe gauche lors d'un entraînement en octobre 2007, elle a déjà fait sa place au sein de l'équipe de la Coupe du monde, comme en témoignent deux performances dans le top 10, la saison dernière, soit huitième en slalom à Ofterschwang (Allemagne) et neuvième en slalom géant à Cortina d'Ampezzo (Italie).
«Il y a beaucoup de blessés dans l'équipe, mais je ne vais pas aux Jeux par la porte arrière. J'ai réussi les standards, l'an passé [deux présences dans le top 12], alors que d'autres y seront [à Vancouver] sans les avoir. J'ai même failli rentrer dans l'équipe A, cette saison, mais je n'ai pas réussi l'un des critères nécessaires [top 12].»
À Whistler, Marie-Michèle prendra le départ de trois épreuves : le super combiné (descente et slalom), le slalom géant et le slalom. «Je suis réaliste, j'y vais pour l'expérience en prévision des prochaines années et des Jeux de 2014», avoue la technicienne, qui n'a pas fait une croix sur les épreuves de vitesse.
Chirurgie retardée
En raison de sa possibilité de participer aux Jeux, Marie-Michèle et le personnel médical de l'ECSA ont retardé une chirurgie visant à lui retirer une tige de métal dans la jambe. Elle passera sous le bistouri au terme de la saison. «Je n'ai aucune répercussion de ma blessure, je suis guérie à 100 %. À long terme, la tige aurait pu affaiblir l'os du tibia, mais on la retirera bientôt. On ne voulait juste pas le faire l'année des Jeux», disait-elle.
On la comprend bien, puisque tout le monde lui répète qu'elle réalise son rêve. À ce sujet, la sportive des Etchemins met un bémol. «J'en réalise une partie, mais il est beaucoup plus grand que ça. Je veux devenir championne du monde», dit-elle sur un ton qui respire la confiance.
Depuis peu, Marie-Michèle a recommencé à s'entraîner en vitesse, épreuve olympique oblige. À moins d'une surprise, elle ne pourra pas assister à d'autres compétitions puisque dès le lendemain de sa première journée de travail (le 14), l'équipe retourne à Nakiska afin de poursuivre sa préparation.
«J'aurais aimé voir le bobsleigh et le saut à skis, deux sports que je n'ai jamais eu la chance de voir en personne. Au moins, je vais être à Whistler, où c'est toujours le fun. Si c'est ensoleillé, la vue y est imbattable», raconte l'athlète aux yeux aussi bleus que le ciel qui illuminait le Mont-Orignal la journée où elle s'est prêtée à une séance de photo pour Le Soleil.
Elle ne sera pas la seule du clan Gagnon (cinq enfants) à admirer le paysage des Rocheuses. «Même si je ne les verrai pas trop, ce sera comme un party de famille», avoue celle qui a eu droit à une fête locale, cette semaine, avant son départ pour l'Ouest canadien.
À savoir
Marie-Michèle Gagnon
20 ans
Lac-Etchemin
Ski alpin
Super combiné (14 février)
Slalom géant (24 février)
Slalom (26 février)












