Et dans son cas, on ne peut pas dire qu'il y a beaucoup de place à amélioration. Pour battre sa performance de 2006, elle devra grimper sur les deux premières marches du podium parce qu'elle revendique déjà une médaille olympique de bronze.
«Je sais ce que ça prend pour gagner une médaille. J'ai obtenu le bronze, à Turin, alors faire mieux, ça veut dire l'or ou l'argent. Notre sport a beaucoup évolué depuis quatre ans, mais j'ai suivi la vague et je reste parmi les trois meilleures filles au classement», avoue-t-elle sans détour.
Qualifiée depuis l'hiver dernier, la grande blonde de 29 ans n'a pas vécu le même stress que ses collègues des autres disciplines dont la sélection n'a été connue que tout récemment. Ça lui a donné le temps de peaufiner sa préparation pour la course à quatre de Cypress Mountain et de rebâtir sa confiance ébranlée par des fractures à ses deux poignets.
«Au lieu de me décourager, mes blessures ont eu l'effet contraire. Je suis une fille persévérante. L'autre jour, une fille de l'équipe canadienne m'a dit qu'elle pensait que j'allais abandonner, mais ce n'est pas mon genre», confiait-elle pendant que des centimètres de neige s'accumulaient sur le massif.
L'arrivée d'un entraîneur français, le meilleur sur le circuit à ses yeux, a eu des effets bénéfiques sur ses performances. Au moment où elle ne pensait plus pouvoir s'améliorer, Marcel Mathieu l'a convaincue du contraire. «Beaucoup de gens m'ont dit que j'avais changé; même moi, je m'en aperçois. Je n'aimais pas l'image que je reflétais en piste, mais là, je m'épate, c'est pas drôle», illustre la pompière de profession.
La vie après les pentes
Depuis sa première participation aux Jeux, elle est revenue s'installer dans son patelin, où elle possède sa propre maison. Elle regrette le fait de négliger ses proches, carrière sportive oblige. Sans le crier sur les toits, Dominique pense aussi à son avenir.
«Des fois, ça me fait peur. J'ai une vie particulière, une vie extraordinaire. On voyage, on s'entraîne, etc. Je me demande ce que ça va être, après. "Profites-en, t'es chanceuse!" Mon chum me le dit une fois par semaine. Il y a des athlètes amateurs qui font plus la piastre que moi et au niveau des commandites, je n'ai pas été vraiment gâtée. Mais j'ai du plaisir et je ferai mon argent plus tard.»
À 29 ans, elle voit quand même le temps défiler sous ses yeux. «Au début, c'était cool de voyager. Le snowboard, c'est rendu professionnel et j'ai même lâché un emploi pour ça. Combien de temps est-ce que je pourrai en faire, un an, peut-être deux? Je ne le sais pas. Pour une fille, c'est plus difficile parce que si on veut avoir des enfants, il y a une décision à prendre.»
Pour l'heure, elle ne se concentre que sur sa course et entend bien composer avec la visibilité accrue des Jeux olympiques. «Ça ne m'a jamais vraiment énervée. Moi, plus y'a du monde, plus je trouve ça le fun. Ma coéquipière [Maëlle Ricker], qui vient de Vancouver, est vraiment stressée. Moi, je ne suis pas la fille qui a gagné l'or aux Jeux et toutes les coupes du monde. J'ai eu le bronze et j'ai été blessée l'an passé, alors le monde m'a lâchée...»
Le monde, peut-être, mais pas le sien!
À savoir
Dominique Maltais
29 ans
Petite-Rivière-Saint-François
Surf des neiges Snowboardcross (16 février)












