Ainsi, Radio-Canada se prépare à couvrir les JO sans montrer les compétitions, ou presque. «On ne peut pas utiliser d'images qui proviennent des sites olympiques», concède la chef de la promotion, télévision et information, Nathalie Moreau. Le mouvement olympique vend les droits de diffusion à prix d'or et garantit aux acheteurs l'exclusivité quasi entière. Au Canada, le groupe piloté par CTV (RDS, V, TSN, Sportsnet) a décaissé environ 153 millions $US pour les Jeux de 2010 et ceux de 2012.
Pas avant 3h le lendemain
La SRC, comme TVA, pourra néanmoins utiliser quelques courts extraits. Joints bout à bout, ceux-ci ne pourront cependant durer plus de six minutes par jour. «Mais ces images ne peuvent pas être diffusées au moment où elles sont prises.» Le réseau public devra poireauter jusqu'à 3h le lendemain matin pour mettre en ondes quelques secondes d'une compétition.
Donc, si Joannie Rochette empoche une médaille en patinage artistique un jeudi après-midi, Radio-Canada diffusera un fragment de l'oeuvre à partir de 3h, durant la nuit du vendredi. Et cette bribe d'exploit ne sera utilisable que pour les 48 heures suivantes.
Le carcan interdit, en plus, aux journalistes, analystes, commentateurs présents lors des affrontements d'interviewer les athlètes sur place. Ils ne peuvent se présenter sur aucun site de compétition avec caméra et enregistreuse.
Radio-Canada a donc fait le plein d'images, d'entrevues, avant les JO, fait valoir Nathalie Moreau. Assez d'archives, assure-t-elle, pour meubler deux quotidiennes.
La SRC ne pourra même pas utiliser les marques de commerce et expressions protégées, pas même «Vancouver 2010» ou «Jeux olympiques» dans ses promotions. Ainsi, le site Internet où seront publiés en direct les résultats se nommera «Vivez Vancouver».
Radio-Canada aurait été sanctionnée si elle avait opté pour «Visez Vancouver 2010». Amalgamer «Vancouver» et «2010» est prohibé...











