En entrevue au Soleil il y a quelques jours, Mme Copps a confié avoir été «déçue» par le choix de Vancouver en 1998. «Dans mon coeur, je trouvais que la candidature de Québec faisait un très bon sens», dit-elle.
Elle confesse même un «biais» : elle avait de la famille qui possédait des terrains à Petite-Rivière-Saint-François.
«Pour toutes sortes de raisons, y compris la beauté de la ville de l'UNESCO. J'adore les sites. Québec aurait fait un endroit fantastique pour les Jeux.»
L'histoire locale a pourtant retenu que Mme Copps avait nui à Québec par ses interventions auprès de l'Association olympique canadienne (AOC). Du maire de Québec à tous les leaders du comité de candidature, tous ont perçu que Québec a été victime de «haute magouille» et l'avaient montrée du doigt.
«Interférence politique»
Le premier ministre Lucien Bouchard lui avait reproché son «interférence politique». «Elle n'avait pas d'affaire à se mêler du processus de décision. Je pense qu'elle devra s'expliquer».
Mme Copps ne s'était jamais expliquée encore. «Comme ministre, je devais fermer ma bouche.» Puis tout le monde a fini par passer à autre chose.
Elle commente ici pour la première fois la controverse entourant le vote de 1998.
Mme Copps reconnaît avoir parlé plusieurs fois au président de l'AOC, Bill Warren, pour le convaincre de repousser le vote après les élections provinciales au Québec.
Elle persiste à croire qu'il fallait éviter que le choix de la ville candidate soit mêlé à la campagne au Québec.
«Je ne voulais pas d'un choix aussi politique à une semaine d'une élection», dit-elle.
Elle assure qu'elle aurait demandé la même chose s'il s'était agi d'élections en Alberta ou en Colombie-Britannique.
Elle fut furieuse que l'AOC décide de maintenir le vote à la date prévue et de reporter la divulgation des résultats. «C'était ridicule de la part de l'AOC», dit-elle. Rien n'empêchait de retarder le vote de deux semaines.
Mme Copps dit avoir senti que certains poussaient pour maintenir le vote à la date prévue parce c'était dans leur intérêt.L'histoire a-t-elle traité Sheila Copps injustement?
«On ne peut pas m'appeler une victime», pense-t-elle. «Mais c'est une mauvaise rédaction de l'histoire de prétendre que j'ai provoqué le vote pour Vancouver.»
C'est un cas évident de «red herring», dit-elle. Une sorte d'idée fixe qui revient et fait diversion. Typique des défaites politiques que l'on avait refusé de voir venir. «Les gens font toujours ça.»












