La planchiste de Petite-Rivière-Saint-François n'a pas réussi à se faufiler dans la ronde éliminatoire. Disqualifiée à son premier essai pour avoir frappé une porte sur le parcours, elle a chuté dans sa deuxième tentative de se classer pour se contenter du 20e temps, alors qu'on n'acceptait que les 16 femmes les plus rapides. «Le boardercross, c'est ça. Ce n'était pas ma journée. Je pense que ça ne m'était jamais arrivé de ne pas me qualifier», disait-elle au terme de la compétition.
Il faut savoir que la journée a été très longue. D'abord prévue à 13h (heure du Québec), la compétition n'a commencé qu'à 15h en raison de la pluie et de l'épais brouillard qui nuisaient à la visibilité.
«J'étais motivée, j'avais fait un camp d'entraînement extraordinaire la semaine passée, et il y avait des signes pour que je m'améliore», ajoutait-elle, la tête basse après avoir visité le cabinet de doping et celui de l'équipe médicale.
Dominique racontait s'être fait mal à un coude, dimanche, à l'entraînement. Elle a même eu peur d'avoir subi une fracture. Mardi matin, elle est tombée à l'échauffement en plus de cracher du sang - ce qui l'a dérangé mentalement - avant de s'élancer dans la piste pour la première de ses deux manches. Après sa disqualification dans sa descente initiale, elle a chuté dans la seconde pour voir son objectif s'envoler en l'air.
«J'ai craché du sang»
«J'étais bien partie dans la deuxième run, je l'ai terminé quand même après être tombée. La place où je me suis fait mal m'a trotté dans la tête. J'ai craché du sang, ça m'a fait freaker. Une journée d'entraînement de même, ça m'était rarement arrivé et ça ne m'a pas aidée», avouait la pompière de 29 ans.
Dès son retour dans l'aire d'arrivée, elle a téléphoné à son copain qui était sur place pour qu'il rassure les membres de sa famille et tous ceux qui la suivaient à la télévision. Peu de temps après, Dominique a grimpé dans les gradins de Cypress Mountain pour y rencontrer ses proches ayant fait le voyage jusqu'à Vancouver. Chacun la serrait dans ses bras, à commencer par son père, et la douleur commençait à disparaître, peu à peu. «Je ne sais pas quoi dire d'autre, je suis correcte et j'ai tous mes morceaux. Ce n'était pas majeur, mais ça m'a fait mal», avouait la grande blonde qui ne s'en laisse jamais imposer en piste.
Elle tenait à rendre hommage à sa compatriote, championne olympique devant ses concitoyens. Ricker a partagé le podium avec la Française Deborah Anthonioz et la Suisse Olivia Nobs. Favorite de l'épreuve, l'Américaine Lindsey Jacobellis a enfourché une porte en demi-finale, ratant ainsi encore une fois son rendez-vous avec l'histoire. La meilleure planchiste l'a-t-elle emporté?
«On a chacune nos forces, répondait Maltais. Dans un parcours comme ça, c'est une question de circonstances. Je n'ai pas été chanceuse et ça m'a affecté. Maëlle l'a mérité, elle a bien ridé et je suis fière pour elle. Je suis extrêmement déçue, mais à quelque part, je suis contente pour Maëlle. La pression de gagner l'or, chez elle, devait être énorme et c'est vraiment le fun de la voir ramener l'or à la maison.»
«Excuse-moi, papa»
Deux minutes après le retour de sa fille, Dominique, au bas de la piste, Gérald Maltais recevait un coup de fil. «Excuse-moi, papa», lui a-t-elle glissé à l'oreille. «Elle n'avait pas besoin de faire ça, elle n'a aucune excuse à présenter. Je suis encore très fière de ma fille», disait le paternel à propos de la grande planchiste de 29 ans lorsqu'on l'a croisée près des gradins de Cypress Mountain, où il a suivi la compétition. «Ce n'est pas facile, mais c'est déjà digéré. Il n'y a pas grand-chose à dire. Ce n'est qu'une mauvaise journée dans la vie d'une athlète, c'est tout. À mes yeux, c'est encore la meilleure», disait-il avec un sourire chaleureux.
Dans la section 201, le père de Dominique était le voisin de la mère de Maëlle Ricker, l'éventuelle championne olympique de la discipline. En regardant vers le haut des estrades, on pouvait comprendre ce qui se passait. À droite, c'était la consternation; à gauche, la joie ultime. «Maëlle vient de nous procurer un très beau prix de consolation. Lorsqu'elle a franchi la ligne avant les autres, j'ai pris sa mère dans mes bras et je l'ai serré très fort», racontait-il, sachant très bien ce qu'elle ressentait. On peut parier que de son côté, l'heureuse maman avait une pensée pour son ami du jour.





















