Harvey et Roberge: la tête haute, même sans podium

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Vancouver 2010
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Suivez les espoirs olympiques de la région de Québec aux Jeux de Vancouver, du 12 au 28 février 2010. Notre journaliste Carl Tardif est sur place pour vous faire vivre ces Jeux d'une grande importance pour le Canada et qui font rêver la ville de Québec. »

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Pierre-Olivier Fortin

Pierre-Olivier Fortin
Le Soleil

(Québec) Qui a dit qu'il fallait absolument un podium pour revenir des Jeux olympiques la tête haute? Certainement pas Alex Harvey, qui a «réécrit l'histoire» de ce sport en repoussant les records canadiens, ni François-Olivier Roberge, encore «super fier aussi d'avoir pu aider pour la poursuite», qui a valu l'or à ses camarades.

«D'habitude, un top 10, c'est 1,5 seconde d'écart... (Le Soleil, Erick Labbé) - image 1.0

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«D'habitude, un top 10, c'est 1,5 seconde d'écart environ du gagnant, puis c'est environ à ça que j'étais. Sur le coup, j'étais un peu déçu, mais avec le recul, c'était bien correct», raconte François-Olivier Roberge.

Le Soleil, Erick Labbé

«Il me reste plusieurs années a progresser naturellement,... (Le Soleil, Erick Labbé) - image 1.1

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«Il me reste plusieurs années a progresser naturellement, juste en gagnant de la maturité physique», analyse Alex Harvey.

Le Soleil, Erick Labbé

L'équipe masculine de ski de fond n'a peut-être pas gagné de médaille, mais a certainement fracassé des records de performance. «C'est du jamais-vu quatre gars dans les 16 premiers, trois dans les neuf premiers. Chaque jour, les records étaient battus», se réjouissait Alex Harvey en attendant ses bagages à l'aéroport Jean-Lesage, tout juste de retour de Vancouver.

L'athlète de 21 ans de Saint-Ferréol-les-Neiges a toutes les raisons d'être fier. «J'ai eu des super bons résultats. J'étais en super bonne forme, donc je suis vraiment content des deux semaines de compétitions que j'ai fait à Vancouver.»

Il retient particulièrement sa performance au sprint par équipe où Devon Kershaw et lui ont terminé en quatrième place. «C'est si près du podium, c'est la pire place à avoir, mais ça reste le meilleur résultat de l'histoire qu'on a eu chez les hommes au Canada. On était vraiment content.»

Après quelques jours de repos, Alex Harvey retournera à l'entraînement motivé à bloc. Et comme les fondeurs atteignent leur apogée à un âge généralement plus avancé que les autres athlètes, le meilleur reste certainement à venir. «Il me reste plusieurs années a progresser naturellement, juste en gagnant de la maturité physique.»

C'est un peu le même principe pour l'équipe canadienne, dit-il. «Maintenant, on pourra être considéré à Sotchi, dans quatre ans, comme des prétendants forts au podium.»

Moins déçu avec le recul

De son côté, François-Olivier Roberge avoue qu'à première vue, sa 20e place au 1000 mètres longue piste était un peu décevante. «Je visais un top 10, j'ai fini 20e; pour le chiffre, c'est une déception», dit Roberge, 24 ans, qui était sur le même vol que son confrère Harvey.

Mais en analysant les résultats, la pilule était un peu plus facile à avaler. «D'habitude, un top 10, c'est 1,5 seconde d'écart environ du gagnant, puis c'est environ à ça que j'étais. Sur le coup, j'étais un peu déçu, mais avec le recul, c'était bien correct.»

Il se dit aussi très fier de la médaille d'or que ses collègues ont remportée. «On avait le droit d'inscrire quatre gars, puis j'étais le quatrième. J'ai pas patiné, j'ai pas la médaille, mais je suis super fier des gars, c'est un beau souvenir. J'ai aidé du mieux que j'ai pu pour la poursuite, j'étais super fier.»

Il ne serait aucunement déçu, d'ailleurs, de terminer là-dessus.

Après deux Olympiques, le patineur de Saint-Nicolas doute qu'il sera à Sotchi. «Mon coach me dit de ne pas dire non...» raconte-t-il. «C'est trop loin pour moi et l'an prochain, je veux retourner à l'école à temps plein.»

Il patine depuis l'âge de 16 ans, et n'a jamais passé un hiver ici depuis ce temps. Pour l'instant, il préfère poursuivre ses études en communications, «et après, je vais voir».

Il ne voit pas en l'expérience de Vancouver quelque chose qui pourrait l'inciter à poursuivre. «Non, justement! Ça donne plus envie de vouloir terminer là-dessus. Y'aura rien d'aussi gros que des Jeux à la maison. Je serais très heureux de terminer là-dessus puis de pouvoir dire plus tard que j'ai vécu deux Olympiques et que je les ai terminées la tête haute.»

De passage à Vancouver lundi, le premier ministre Stephen Harper a tenu à défendre son bilan en matière de financement du sport amateur. Toutefois, il a refusé de préciser si les fonds alloués aux athlètes d'élite, notamment dans le programme À nous le podium, seraient renouvelés dans son prochain budget, qui sera dévoilé jeudi.

Pour sa part, le chef du Parti libéral, Michael Ignatieff, a déclaré qu'il serait ardu de répéter les performances de Vancouver sans financement adéquat. Il juge indécent le fait que le gouvernement refuse d'allonger quelques millions de dollars sur un budget annuel de 250 milliards $.

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